‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 137 sur 269 · LES TORTS DE LA REINE · texte numérisé non relu

LES TORTS DE LA REINE

fait aussi décisif pour Finstraction de l'humanité, la raison la meilleure, le devoir de publier la vérité quelle qu'elle soit, est la seule bonne.

Quant à la reine, sa conduite est un tissu d'inconséquences. A la suite de ce qu'on lui a dit de la quittance, elle veut mettre le Voyant à l'épreuve. Elle le fait , et le résultat est tel que sa stupéfaction est une sorte d'évanouissement. Elle croit donc? — Oui, quand Pernety lui fait une objection ; carellelui oppose un royal. Je ne suis pas facilement dupe. — Oui encore, quand elle dit au comte Hœpken, en 1771 , Que son frère seul a pu instruire Swedenborg de ce qui s'était passé entre elle et lui en 1744. — Non, en 1779, quand elle dit. Qu'elle ne s'explique pas de quelle manière Swedenborg a eu son secret, mais qu'elle n'admet pas son commerce avec les esprits. Les plus grandes de ses inconséquences, ce sont ces railleries où elle qualifie Swedenborg de fou et de visionnaire; ses réponses évasives quand elle confirme l'anecdote de la quittance, où elle n'a été pour rien, et ne répond pas sur lefaitoù elle a été un des deux acteurs principaux et l'instigatrice de toute l'affaire. Crédule ou incrédule, la sœur de Frédéric II, élevée comme ce prince, aimant la société des gens de lettres, prenant part aux discussions philosophiques comme aux affaires politiques, se devait à elle-même de faire cesser les faux bruits et les mauvais commentaires des gens de cour, des diplomates, des écrivains. En consignant dans une note de sa main ce qui s'était passé réellement, elle imitait le noble exemple du général d'E., qui raconte si simplement l'anecdote de la quittance de sa femme, et déclare si loyalement que la question niéta-

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physique qu'elle implique n'est pas de sa compétence.

Uien n'excuse la reine de n'avoir pas écrit, etlerùledu roi sou mari, je veux dire son silence, ne se comprend pas davantage. Celui de Swedenborg est plus net : il attache si peu de prix à l'affaire en elle-même; son entrevue avec le prince Guillaume est chose si naturelle et elle l'a si peu surpris, qu'il ne comprend pas la surprise des autres : il n'en parle à ceux qui l'interrogent que pour les avertir de n'y rien voir d'extraordinaire. (( Daignez, je vous prie, persuader au sérénissime duc, écrit-il au ministre du prince de Hesse-Darmstadt, que ce ne sont point là des miracles, mais seulement des témoignages de ce fait, que je parle avec les anges et les esprits. )•>

Swedenborg est trop libre penseur pour admettre des miracles au dix-huitième siècle : « Il n'y a point de miracles aujourd'hui, dit-il, parce qu'ils contraignent et détruisent le hbre arbitre dans les choses spirituelles. » [De la vraie Religion cJirétienne ^ n° oOl.)

On ne saurait trop le répéter, toute la personne et toute la doctrine de Swedenborg, ce sont ; non pas la raison incarnée, mais la raison appKquée aux textes sacrés, qu'il interprète conformément aux visions qu'il a et aux pérégrinations qu'il fait dans l'autre monde.

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