LES RÉFORMES
a Les révélaliûiis, dit-il, ont été laites après le jugement dernier. » Fort bien. Mais lesquelles? Les siennes? Mais que valent-elles? Et par qui ont-elles été acceptées? Il n'est d'ailleurs rien de plus piquant que les indications que donne le Voyant sur Tétat des diverses nationalités et des diverses communautés chrétiennes depuis le jugement de 1737.
Les protestants n'avaient pas eu leur tour en 1757. Iln'avait été question queadeBabylone (on sait qui c'est), des Mahométans et des Nations. Ces trois grandes fractions condamnées se tenaient à l'entour des Réformés. Ceux-ci siégeaient donc au milieu. » Mais pourquoi? — Ils tiennent ce privilège « de ce que, par eux, la (sainte) Parole est lue , que le Seigneur est adoré et qu'il y a chez eux la plus grande lumière. «
Cependant beaucoup d'entre eux n'en avaient pas tenu compte, et condamnés aussi, ils étaient si fort dans le mal qu'ils formaient ensemble le Dragon de V Apocalypse.
Qu'est-ce que cette terrible personnification? — « Par le dragon sont entendus tous ceux qui lisent la Parole sainte, entendent les prédications et pa^^ticipent aux choses saintes, mais se livrent à tous les vices, anges au dehors, diables au dedans. »
De ces généralités la brochure passe aux différentes nations des Réformés et dépeint leur condition dans le monde spirituel depuis le jugement de 1737. Il commence par ses favoris, et les meilleurs d'entre eux.
« Les meilleurs d'entre la nation anglaise sont au centre de tous les chrétiens, par la raison qu'ils possèdent une lumière intellectuelle très-intérieure, qui n'apparaît à personne dans le monde naturel, mais qui est très-
visible dans le monde spirituel. Ils tirent cette lumière de la liberté où ils sont de penser^ et par suite d'écrire et de parler.
Chez les autres peuples, qui n'ont pas cette liberté, la lumière intellectuelle, dit Swedenborg, n'ayant pas d'issue, est étouffée.
On voit ainsi éclater dans tous ses écrits ce généreux amour d'une sage liberté qu'il porte dans son âme , qu'il salue en Hollande, aime en Angleterre et prêche en Suède.
L'Angleterre, dont la politique était conduite par Pitt et la marine commandée par d'illustres amiraux, venait de fonder son immense empire des Indes et de se faire céderle Canada et la Floride. Elle méritait, par ses succès dans les deux hémisphères, cette place du centre qui lui est assignée comme une prime prophétique et indicative des possessions centrales qu'elle devait se donner dans l'avenir, de la Manche au Japon, à travers la Méditerranée et la mer Rouge. Cela est fort simple; car le monde spirituel répond, selon Swedenborg, au monde naturel. Sa théorie à cet égard est bien formelle, et puisqu'on ne demande pas de démonstration aux théosophes son énumération que voici ne laisse rien à désirer.
c( D'après les choses que j'ai vues pendant tant d'années, je peux faire les déclarations suivantes. Dans le monde spirituel il y a des terres comme dans le monde naturel; il y a des collines et des montagnes, des plaines et des vallées, des fontaines et des fleuves, des lacs et des mers, des paradis et des jardins, des bois et des forêts, des palais et des maisons, des écritures et des livres, des fonctions et des commerces, en un mot,