UN PRÉLAT
chargé par ma mission d'exposer la nouvelle doctrine , le sens spirituel de la lettre des textes sacrés, toute mon œuvre n'est pas encore achevée. En effet, suivant Swedenborg douze signifie tout , et les portes étaient le symbole des connaissances. Il en fallait beaucoup.
Le docteur Beyer, vrai philologue, avide d'instruction, avait parlé de Jacques Bœhme, cet abîme de la théosophie allemande de l'époque. Swedenborg lui répond qu'il ne peut pas le juger, vu qu'il ne l'a pas ki.
La lettre au prélat allemand ne fut pas aussi intime, et ne fut pas non plus reçue avec la même docilité. Elle provoqua, au contraire , au sein de cette existence si calme et si pure de Swedenborg, un des plus vifs d'entre les rares orages qui apparaissent dans sa vie.
Oetinger, qui avait traduit dès 1756 quelques écrits de Swedenborg, était en correspondance avec lui depuis dix ans. Le théosophe revenu à Stockholm trouva deux lettres de lui, et il paraît que certaines questions, formulées en doutes tranchés, — car le prélat était mahn, rude et fier autant que savant et pieux , — demandaient des exphcations plus claires. Swedenborg lui répond. Que cinq de ses ouvrages portent sur le titre les mots, cV après ceque faivu e^en/e?2f/w; qu'il en a publié sept autres qui n'excèdent pas ensemble une demi-feuille d'impression; qu'il vient de publier \ Apocalypse révélée ; qu'on peut y voir clairement qu'il parle avec les anges , le moindre verset de saint Jean ne pouvant pas être compris sans révélation ; que les points de doctrine de la nouvelle Jérusalem ne peuvent être révélés que par le Seigneur seul et par celui à qui il les ftiit connaître.
Cela était clair et court. Swedenborg continue en ces