UN PRÉLAT
A-t-il à citer des signes certains, des miracles ? S'il a vu des esprits et des anges , des philosophes et des orateurs , a-t-il vu aussi les apôtres ?
Ce qui intéressait avant tout le pieux prélat, c'étaient précisément ces héros inspirés du christianisme primitif, ces vaillants soldats que le Christ avait chargés d'aller enseigner toutes les nations de la terre.
Il exprime aussi, ce qui étonne de la part d'un théosophe , car il l'est lui-même, sa surprise de ce que ce soit un philosophe tel que Swedenborg et non pas un ecclésiastique qui ait été choisi pour une mission aussi religieuse ; et il a la faiblesse de lui marquer ce qu'il a personnellement souffert dans son pays pour avoir trapuit l'ouvrage du Ciel et de l'Enfer.
En ce qui concerne les visions de son savant ami de Stockholm, le prélat de Murhart les prend, très-volontiers, pour ce qu'il voudrait sincèrement qu'elles fussent, pour des faits réels. Car, dans ce cas, ce seraient des expériences à renouveler et à constater. Il l'interroge donc à ce sujet comme s'il avait une foi entière au Voyant. Il déclare du moins ses expériences belles et émanées^ par l'ordre du Seigneur^ d'une influence d'intelligences célestes. Mais il a cette arrière-pensée que, si son correspondant ne peut pas le convertir à ses doctrines, il pourra du moins l'instruire par ses explorations. Il l'invite même avec quelque malice à prier le Seigneur, qui lui est apparu , de pouvoir parler avec saint Jean lui-même, afin d'apprendre directement de ce grand apôtre s'il accepte les explications de l'Apocalypse données par Swedenborg. Il ajoute enfin avec une apparente mais piquante naïveté : Demandez hardiment