CONJUGAL
sacré à l'amour conjugal, l'autre à l'amour scortatoire ou illicite, terme qui en donne une idée suffisante.
Mais que peut offrir un ouvrage écrit sur ces matières par un théosophe ?
Le véritable sujet du premier volume, c'est la félicité éternelle ou le bonheur céleste , qui doit sourire à tout le monde. Toutefois, au lieu d'en continuer l'étude il y aura peut-être des lecteurs qui s'en détourneront, l'humeur contrariée. Ils attendaient toute autre chose que ce qu'en offre le début; mais qu'on veuille bien patienter; il n'est rien de plus riche que ce livre; tout y est, ou du moins il y a de tout; Ëpicure y figure comme Platon. En voici les idées essentielles.
(c L'amour conjugal est l'amour fondamental de tous les amours célestes et spirituels, et par conséquent de tous les amours naturels. C'est le père dont les autres sont la lignée. Dans son essence il n'est autre chose que la volonté ou le désir que deux soient un, c^ue deux vies deviennent une seide vie; il est r union, ou la conjonction de V amour et de la sagesse. ))
11 est de trois degrés : céleste, spirituel et saint. 11 est céleste chez les anges du ciel suprême ; spirituel chez ceux au-dessous. Saint, il est tout interne : un désir pur, qui porte vers le vrai pur. Ses plaisirs commencent dans Tesprit et appartiennent à l'esprit, même dans la chair, expressions qui étonnent eau premier abord, mais se comprennent; car ces plaisirs, ce sont les délices de la sagesse. Il diffère complètement de ce qui est aussi appelé amour conjugal, mais ce qui, chez quelques-uns, n'est autre chose que l'amour du sexe, réglé ou hmité par la loi.
272 l'amour conjugal.
Rare aujourd'hui à ce point qu'on ne sait ce qu'il est, il sera ressuscité par le Seigneur. Avec ses délices il n'est donné que par le Seigneur, et qu'à ceux qui vivent selon les préceptes de la nouvelle Jérusalem; car le Seigneur seul est l'amour, et l'Église est la sagesse.
Il y a dans ce volume comme un océan d'idées ingénieuses, profondes, d'une ravissante pureté et, pourtant, d'une simplicité admirable. Trouver dans le milieu le moins pur de ce dix-huitième siècle, oii marquent les règnes si plaisamment signalés par Frédéric le Grand, une composition aussi virginale , aussi fraîche et aussi féconde en conceptions ravissantes de décence, c'est pour les âmes saines une jouissance rare et haute. Je dis pour les âmes saines; car il ne faut pas moins que cette santé pour s'élever et se plaire dans cette région. On n'y est ni dans les stériles abstractions, ni dans les froides allégories. Swedenborg est très-positif ettoujours rationnel. Il a aimé deux fois dans sa vie ; mais ce n'est aucun des deux amours dont j'ai parlé dans les pages précédentes, c'est un autre que j'ai encore à faire connaître et que j'indiquerai tout à l'heure, qui conduit ici sa plume ou, pour mieux dire, son pinceau. J'ai dit que le véritable sujet du volume est la félicité éternelle. Et en effetl'union de l'amour et de la sagesse, qui est le bonheur ou la fin de l'homme, ne se trouve pas sur la terre; elle n'est à son état le plus parfait que dans le ciel. Aussi tout ce que l'auteur écrit dans ces pages, si étonnantes delà peartd'un vieillard de quatrevingts ans, n'est pas d'un homme, ou bien est si peu de lui que ce sont les anges plutôt qu'un mortel qui nous y parle. Son livre est intitulé Sagesse angélique sur