‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 18 sur 269 · LA MUSE · texte numérisé non relu

LA MUSE

tiens. Il célébra le retour de son roi dans un discours latin, et prit la route de son pays.

Après une absence de plus de quatre ans, rentré dans sa patrie avec une dame Feif, qu'il nomme, il fît paraître à Skara, cette année même, ses Jeux d'Hélicou [Liidus Heliconius^ sive carmina miscellanea qiiœ variis in locis cecinit E. Swedberg). Ce sont des morceaux que l'auteur, en vrai poëte philosophe, avait composés pendant ses pérégrinations, les uns sur des sujets graves, les autres sur des thèmes légers, par exemphî sur un jeune homme qui épouse une vieille, sur les noces d'un vieux couple, sur un homme très-savant qui épouse une femme très-belle, et d'autres frivolités.

Le jeune et fécond écrivain, toujours actif, publia un nouvel écrit littéraire l'année suivante, en J715, à Greifswald, ville académique, à quelques Heues de Stralsund et de Wismar, d'où le malheureux Charles XII s'enfuyait cette année même et que la Suède perdait à jamais avec les belles conquêtes allemandes de Gustave- Adolphe. Cet écrit portait le titre de Muse boréale^ et offrait une imitation des fables d'Ovide [Camœna borea, sive favellœ Ovidianis similes)^ qu'on remarquerait si l'auteur ne l'avait pas échpsée par tant de compositions de l'ordre le plus sérieux. Pour nous, nous ne nous arrêterons pas à ces vers, ne les prenant pas plus au sérieux que les fabulettes d'Ovide qu'ils imitent. Ils n'eurent aucune influence sur une carrière dans laquelle on est surpris de les rencontrer aujourd'hui. Mais quel est le jeune homme doué d'un peu d'imagination qui n'a pas payé à la folle du logis un tribut semblable, et sans tirer plus à conséquence? Ne nous fâchons pas non plus si

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