‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 17 sur 269 · LE RETOUR · texte numérisé non relu

LE RETOUR

Sur ce premier séjour en France, ni lui ni ses biographes ne nous disent rien de particulier non plus, si intéressante que fut la situation pour un jeune homme qui venait d'entendre débattre à Utrecht les grands intérêts de l'Europe qu'on y agitait.

Dès cette première excursion il prit une habitude qu'il suivit depuis dans toutes les autres, celle de travailler à quelque ouvrage et de l'imprimer avant de rentrer dans sa patrie.

Il est à remarquer, en effet, que tous ses voyages ont eu invariablement pour objet et pour but, ou d'aller imprimer à l'étranger des ouvrages composés en Suède , ou d'aller recueiUir des matériaux , les mettre en ordre et publier quelque travail pendant le voyage même. Sa thèse et ses premiers ouvrages sont les seuls écrits qui aient paru d'abord dans son pays. Dès son début il se serait fait imprimer à l'étranger, s'il eût été moins pressé de rentrer en Suède.

Le moment d'y reparaître était venu pour lui. Ravagée par la peste, dépeuplée, appauvrie et épuisée par les guerres de Charles XIT, la Suède redemandait chacun de ses enfants, et l'évêque de Skara, qui prêchait avec tant de sens l'esprit d'économie, de sacrifices et de dévouement national, rappelait son fils avec instance. Ce dernier prit en 1714 la route de Lille sur Hambourg et Greifsv^ald en Poméranie, et il arriva à Stralsund au moment même où Charles XII, enfin revenu de Turquie, lui deuxième, commençait le siège de cette ville, qu'il eut le bonheur de prendre. Swedenborg ne se laissa ni arrêter ni troubler par des événements auxquels tout Suédois était fait depuis plusieurs généra-

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