DE CU>U
Ici Ciiiio presse le YuyaiU d'aborder directement ces faits merveilleux de sa \ie dont tout le monde parlait, et en particulier Thistoire de la reine Louise Ulrique, au sujet de laquelle il continue ainsi :
a Plusieurs de mes amis m'ont raconté cet événement, mais autant il y a eu de narrateurs, autant j'ai entendu de plaisants qui ont ajouté à vos merveilles leurs suppléments moqueurs. Que la chose s'est passée réellement ainsi , vous me l'avez raconté vous-même. Mais ce n'e»t pas à moi, c'est au monde incrédule qu'd faut le raconter. La cause de la vérité vous le demande. Yous avez eu pour témoins la reine et le grand roi : peut-être seronl-ils vos garants. » [SchwecUsche Urkiuiden von dem Assessor Swedenborg,^. 110.)
On le voit, rien de plus rude que Cuno dans sa lettre, rien de plus propre à faire connaître son attitude véritable en face du merveilleux qui ^e produit en son siècle. 11 est de ceux qui veulent croire, mais qui désirent que chacun examine. Ajoutons, que Cuno, en critique sérieux, traduisit sa lettre en hollandais et la répandit autour de lui , afin d'engager les théologiens à rompre un silence qui le choquait. Si Swedenborg désirait répondre aux graves objections que rencontrait sa doctrine ou sa mission, une pièce pareille était bien propre à le mettre en demeure de s'expliquer vis-à-vis de la Hollande ; et il est à regretter assurément qu'il y ait répondu aussi peu qu'à celle de Kant, dont elle rappelle le souvenir. On dit qu'il est douteux que cette lettre lui soit parvenue ; mais Cuno, qui le voyait sans cesse, n'a certainement pas plus manqué de moyens que de volonté pour la lui faire tenir. Un ajoute que Swedenborg, l'aurait-il reçue
n'eût pas trouvé le temps d'y répondre, occupé sans cesse de ses rédactions. Mais quelles publications pouvaient être plus nécessaires de sa part qu'une réponse donnant des solutions quelconques à des questions aussi catégoriques? Garder le silence, c'était ajourner la lumière et transmettre les doutes d'une génération à un autre beaucoup moins en mesure de les résoudre. On dit enfin que la meilleure réfutation de la lettre de Cuno, c'est sa conversion prompte à la doctrine de Swedenborg. Mais si l'on n'a pas d'autres preuves de cette conversion que l'intimité avec laquelle le riche négociant continua à le voir et le respect avec lequel il lui écrivit encore, ces preuves n'en sont pas, cette intimité et ce respect ayant subsisté avant la lettre.
Pour faire croire à la conversion d'un esprit tel que Cuno s'est fait connaître, il faut, non pas de faibles inductions, mais de fortes preuves. Le vrai Cuno est tout entier dans ce que nous avons vu de lui, d'après les manuscrits qu'il a laissés, et dans le pseudonyme significatif de Paul de la Recherche [ou de rexamen] (D. Paulus ab indagine) qu'il prend dans sa lettre.
Mais quand môme les raisons qu'on donne seraient concluantes pour ce qui regarde sa conversion complète, qui paraîtrait bien étonnante faite dans un intervalle aussi court, cet argument tout personnel n'en serait pas un pour la science, et Swedenborg qui avait le travail si facile ne devait pas se dérober à une obligation aussi sacrée que celle de défendre ses enseignements. Qui envoie ses écrits aux ministres de toutes les religions d'une grande cité, à toutes les universités de Hollande et ■'. tous les évoques de Suède et d'Angleterre, ne doit pas