LETTRE DE LAVATER
garder le silence quand on lui offre la parole, quand on le presse d'expliquer ensemble ses lettres de créance et sa doctrine.
Craignait-il de perdre son temps avec Cuno?
Je le pense; mais cela seul n'explique pas son silence. Swedenborg répondait ou se taisait suivant ses convenances et quel que fût le personnage qui lui écrivait. L'année précédente encore, Lavater lui - même n'en avait pu obtenir une réponse aux questions suivantes : Félix Hess, un de mes amis qui est mort, m'apparaîtra-t-il? Quand et comment? Me révèlera-t-il quelque chose sur le bonheur des cieux et sur ma destinée pastorale? Pourrai-je converser avec les anges et les trépassés, sans violer la loi de Dieu ? Comment obtenir cette faveur? Le songe que j'ai eu le 9 juin venait-il de Félix? (Lettre du 24 août 1768.)
On comprend le silence obstiné du théosophe à la vue de ces (Questions; mais celles de Cuno étaient d'une autre portée, et si Swedenborg n'y répondit que par quelques hgnes fugitives qu'il lui remit en personne, j'aime à croire qu'il avait hâte d'arriver à Paris pour l'impression de son principal ouvrage, quoiqu'il ait passé à Amsterdam au delà de trois mois encore après cette sommation. 11 est vrai qu'il y était fort occupé.
Qu'y faisait-il?