‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 196 sur 269 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

famille royale, tout y est indiqué de haut, avec sobriété, mais très-suffisamment.

(( Dans ma patrie, dit-il, tous les évêques, qui sont au nombre de dix, et les sénateurs, qui sont au nombre de seize, ainsi que le reste des magnats, ont de rattachement pour moi, et m'honorent de leur amitié, y)

Nous verrons tout à l'heure ce qu'il y a là d'illusion.

(( Je \is familièrement avec eux comme un ami avec des amis. Cela a lieu, quoiqu'ils sachent que je suis en société avec les anges. -»

« Je suis en grande faveur auprès du roi lui-même, auprès de la reine et des trois princes leurs fils. . . . Tous désirent vivement mon retour.

(( En conséquence je ne crains rien dans ma patrie, rien moins que la persécution que vous semblez en quelque sorte redouter, et contre laquelle, dans votre lettre, vous désirez vivement prendre des mesures.

« Si l'on me persécute ailleurs, cela ne s'étend pas jusqu'à moi. »

Ainsi, dans la pensée de Swedenborg il y avait nonseulement sécurité complète pour lui en Suède, mais bienveillance générale et faveurs distinguées. Bien entendu qu'il mettait tous ces honneurs aux pieds de son état de privilégié.

ce Mais, dit-il, je regarde ce que je viens de rapporter comme de peu d'importance auprès de ce fait bien supérieur, c'est que j'ai été appelé à une sainte fonction par le Seigneur lui-même, qui s'est manifesté en personne de la manière la plus clémente devant moi , son serviteur »

Ce titre de serviteur, Swedenborg l'aimait singulière-

A HARTLEV. 303

iment dans sa troisième phase. C'était sa lettre de créance .

Cependant ses adversaires d'Angleterre trouvaient qu'il voyageait trop. Il répond : a Si je suis sorti quelquefois de ma patrie pour aller dans les pays étrangers, il n'y eut à cela, de ma part, d'autre motif que le désir de faire des usages et de dévoiler des Arcanes qui m'avaient été confiés. )>

L'acception qu'il donne au mot d'Arcanes nous est connu : ce sont les grands mystères du Ciel et des Enfers qu'il désigne ainsi. Le mot (ïicsar/es (usiis), est un des plus difficiles de sa terminologie : faire des usages veut dire, répondre aux buts et aux desseins pour lesquels les choses sont faites, et qui selon les lois divines président à tout et règlent les fonctions de chaque force.

Un mot simple, mais curieux, sur ce que le voyageur ne cherchait pas dans l'opulente Angleterre , termine cette apologie sans pareille ; le voici : a Je possède en outre autant de richesses qu'il m'en faut et n'en cherche ni n'en désire de plus grandes. »

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