UNE DÉFAILLANCE
droits sur cette constitution si heureuse, sur cette santé si remarquable.
Vers la fin de l'année 1771, il eut une sorte d'attaque d'apoplexie, dont il se remit peu à peu et entièrement.
Quelque temps avant sa mort, il entra et passa plusieurs semaines dans un état de ravissement où il ne prenait aucune nourriture. Mais il revint ensuite à son état habituel. Lors même qu'il souffrait, il se maintenait calme. Il se plaignait rarement et jamais d'une douleur physique, disent ses hôtes.
Mais alors de quoi pouvait-il se plaindre? D'une douleur morale? Mais de laquelle? La voici.
a Peu de temps avant sa mort, nous dit une lettre du révérend Robert Hindmarsh , son illumination défaillit. — Il fut privé, d'après un de ses plus éminents amis, le conseiller Springer, de la vue spirituelle dont il avait joui pendant tanl d'années et se trouva dans la plus grande tribulation, s'écriant : 0 mon Dieu! as-tu donc enfin abandonné ton serviteur?
« Ceci paraît avoir été la dernière de ses épreuves. Il demeura dans cet état déplorable pendant plusieurs jours; mais ensuite il recouvra sa vue spirituelle, fut consolé et redevint heureux comme auparavant.
(( M. Springer reçut cette assurance de la propre bouche de Swedenborg. » (Lettre de Hindmarsh, du 28 nov. 1786.) [Tafel, Documents, p. 172.]
Il reprit si bien sa seconde vue , qu'elle lui servit , dans les derniers jours de février, à faire une conquête remarquable, celle du révérend M. Smith, qui devint plus tard un des premiers ministres de \ Église de la Nouvelle Jérusalem. Yoici comment on raconte le fait.
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En vertu de sa faculté si merveilleuse, et qu'il disait si naturelle, Swedenborg sut que le célèbre chef des méthodistes, John Wesley, s'il ne penchait pas quelque peu pour la nouvelle doctrine, désirait au moins conférer avec son auteur. Il lui adressa un billet pour lui dire « qu'il était informé de ce désir par le monde des esprits, et qu'il serait charmé d'y répondre. » Si bref que fut ce document, il serait trop curieux pour que nous ne le donnassions pas en entier, si nous l'avions encore en sa forme originale; mais M. Smith nous dit lui-même qu'il ne l'a formulé que de mémoire. [V. Revue de la Nouvelle Jérusalem , lY, 1 17.] De quelque forme qu'il fût, ce billet parvint à Tillustre prédicateur en présence des ministres auxquels il donnait ses instructions, au moment de partir pour une de ses tournées. 11 leur en donna lecture, tout en confirmant ce qui concernait son désir de voir l'illustre Suédois. Puis il manda à ce dernier, qu'il profiterait de sa gracieuse permission aussitôt qu'il serait de retour de sa prochaine absence, qui lui prendrait six mois de temps. Swedenborg lui répondit, « qu'en ce cas, ils ne se verraient pas dans ce monde, le 29 mars prochain devant être le jour de sa mort. » Wesley ne prit cette nouvelle que pour une vision ; mais, l'événement étant venujustifîer la prédiction et donner à la courte correspondance des deux chefs une gravité extraordinaire, le ministre Smith, en fut si frappé, qu'il se mit à lire les écrits de Swedenborg; et à la suite de cette étude , il quitta pour la nouvelle doctrine celle de son parti. (Lettre de l'ingénieur Hawkins, dans les Documents pubhés par Tafel, p. loi, et dans la Revue de la Nouvelle Jérusalem^ IV, 117.