LA DÉCLARATION
Les amis de Swedenborg, informés de sa maladie, le visitèrent très-religieusement, et eurent avec lui, peu de semaines avant sa mort, de graves entretiens qu'ils eurent le tort de ne pas nous transmettre par écrit.
Le docteur Hartley, le plus savant d'entre eux, en vrai philosophe, tenait singulièrement à voir son ami dans ses derniers jours. Il pensait qu'au moment de son passage complet dans les régions où il aimait à s'introduire par avance, Swedenborg, comme tous ceux qui touchent aux portes du ciel , se trouverait sans doute plus que nul autre dans cette disposition d'esprit où la vérité seule se fait entendre, où, l'erreur cessant d'exercer ses fascinations ordinaires, l'âme répugne à toutes fictions et, soit involontairement, soit avec réflexion et conscience, ne dicte aux lèvres que ce qui est pur et sincère comme l'Éternel qui l'attend. Dans cette persuasion, le pieux curé de Wimvick, bien convaincu que son ami, se sentant en face du grand juge, rétracterait toute œuvre de feinte et de dissimulation, lui adressa carrément, le 25 ou le 26 mars, trois ou quatre jours avant sa mort, l'invitation de déclarer au nom de Dieu, devant qui il allait comparaître, et aussi au nom de leur sincère amitié, si tout ce qu'il avait écrit était absolument la vérité, ou bien si telle partie ou telle autre devait en être exceptée. Là-dessus Swedenborg répondit en ces termes avec une sorte de chaleur :
(( Je n'ai rien écrit qui ne soit vrai, ainsi que vous l'apprendrez de mieux en mieux dans la suite, et chaque jour de votre vie : supposé que vous vous attacherez toujours étroitement au Seigneur; que vous le servirez lui seul ; que vous éviterez tout mal qui est un