DE WIELAND
mortalité. Il qualifie le gentilhomme suédois « d'homme extraordinaire, très-considéré , mathématicien, naturaliste, spécialement minéralogiste. Il l'appelle « un savant qui s'est fait un nom dans chacune de ces sciences. )i Mais il n'admet pas même une omhre de surnaturel dans sa vie tout entière.
Nous avons cité, dans le récit de la quittance retrouvée (p. 136), l'hypothèse plus ou moins ingénieuse que ^'ieland imagina pour expliquer ce fait de la manière la plus simple du monde. En écrivant trente ans plus tard les lignes que nous venons de transcrire , il ajoute qu'il ne parlerait plus de la vieille histoire qu'on s'était contée, il y a plus de trente ans, s'il n'avait pas reçu , « ces jours-ci même, r> de la part d'un homme qui vaut wie nuée de témoins 'le philosophe Thiébault), les détails les plus dignes de foi.
Qu'est-ce à dire? L'opinion de Wieland est-elle changée réellement par ce témoignage, et admet-il désormais les facultés extraordinaires de Swedenborg? — Il lui en accorde de très-brillantes; mais d'extraordinaires, c'està-dire des facultés supérieures à celles qui sont constatées en psychologie, des facultés surnaturelles, non. Cela est si peu de son goût, qu'en faisant allusion à l'anecdote de la reine Louise-Ulrique , il insinue de nouveau que Sw edenborg a pu avoir connaissance par des voies quelconques du secret qui existait entre elle et son frère. Le principe invariable du Voltaire germanique, il le formule ainsi : Il faut tout expliquer dune façon rationnelle; et comme on ne peut pas admettre qu'un homme, même extraordinaire, ait été dans l'autre monde demander au prince de Prusse ce que la reine
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sa sœur voulait savoir, il reste à découvrir le procédé que Swedenborg a pu employer réellement. Plutôt que de croire ce qui est en contradiction manifeste avec toutes les lois connues de la nature, il faut croire même le plus invraisemblable et le plus incroyable, pourvu qu'il ne sorte pas entièrement des voies naturelles. » [Euthanasia,^. 114, 124, 142.)
Tel est le dernier mot de Wieland et tel est celui de son siècle sur Swedenborg.