LES DÉTAILS
ger, qui avait été employé dans les affaires politiques et qui fournissait les écrits de son illustre compatriote aux savants de Berlin, notamment à Pernety, lui donnant, avec de curieuses anecdotes, des détails sur les progrès de la doctrine (Lettre du 18 janvier 1782). S^Yedenborg avait prédit que ce serait dans les années 1780 à 1790 que sa doctrine ferait le plus de conquêtes. En effet, ses adeptes se réunirent en assemblée religieuse dans un temple de Great-East-Cheap, en 1 788 , et à partir de ce moment, ils virent se former, sur le type donné par leur association , toute une série de congrégations , ou du moins ils virent s'ouvrir une série de chapelles pour y célébrer le même culte.
Dès que ces types eurent été donnés, les s^vedenborgiens se groupèrent avec une rapidité et un enthousiasme inconnus dans les écoles philosophiques, et l'on put une fois de plus s'assurer que c'est par les doctrines rehgieuses que s'exercent dans l'humanité les influences les plus générales et les plus profondes. Les échos de la chapelle de Great-East se firent entendre de ce côté de la Manche au point qu'on en traduisit la liturgie en français dès 1788. Déjà les succès de Swedenborg étaient tels qu'il comptait sept mille disciples dans la seule ville de Manchester, où le ministre Clowes déployait une grande activité en sa faveur. D'autres villes ne suivaient cet exemple que lentement; cependant, selon Daillant de la Touche, il y avait dès lors vingt mille swedenborgiens dans le pays.
Les apôtres du Voyant, franchissant les mers, firent des prosélytes jusque dans les Indes orientales. On dit que les brahmes eux-mêmes se montrèrent accessibles
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à cette métaphysique où il ii'} a plus de problèmes, à cette religion où tous les dogmes sont démontrés par des faits vus et par des solutions entendues, à ce poétique ensemble d'extases et de disions où l'homme se coudoie dans les régions célestes avec les anges les plus élevés et les esprits les plus instruits, toujours leur ami, quelquefois leur instituteur. Aux États-Unis la race saxonne s'associa immédiatement aux nouvelles doctrines venues d'Angleterre , qui mettaient la foi à la portée du bon sens et au service de la raison, réduisaient le culte et le sacerdoce à leur expression la plus simple, et supprimaient tout ce qui pouvait embarrasser en pratique ou même contrarier en théorie son self-government moral et religieux.
Rien ne se comprend mieux que la puissance de ces principes soit dans la jeune Amérique soit partout où ils rencontraient les mêmes dispositions d'esprit.
La prédiction de Swedenborg sur les progrès de sa doctrine, à partir de 1780 , se réalisa ainsi d'une façon éclatante, et l'avènement de la nouvelle ÉgUse au sujet duquel il avait eu tant de peine à calmer les impatiences de ses amis, s'établit si bien, même en Suède et en Hollande, que bientôt, nous assure-t-on , elle compta en Europe plus de cent mille âmes.
Mais ce chiffre est-il exact ? Et est- il vrai qu'elle en compte quatre cent mille de nos jours? J'en doute ; mais ce qui est très-vrai , c'est qu'aujourd'hui ce sont les deux pays les plus avancés de la civihsation moderne, la France et l'Allemagne, qui se joignent avec le plus de zèle à l'Angleterre et à l'Amérique pour publier, commenter, traduire et répandre les œuvres de l'illustre