LA LIBERTÉ
gnait un peu et qui ne satisfaisait personne, pas môme
Wolf, le plus fidèle de ses disciples. Swedenborg qui touchait à l'âme dans toutes ses études sur le règne animal, si éminent dans les créations de la nature, ne put s'empêcher de vouloir se rendre un compte meilleur de ce problème.
Et si jamais la question de l'âme fut prise de haut, ce fut par lui.
Il commença par proclamer ce grand principe et cette belle règle, que, pour exphquer l'âme, il faut prendre le corps, le microcosme, le monde qu'elle habite; le secret ou la science de l'âme n'est que là. Mais ce n'est point par la voie synthétique, où l'on trouve et affirme ce qu'on veut, c'est bien par la voie analytique, où l'on constate et donne ce qu'on peut, qu'il faut procéder dans ce domaine.
Le grand mérite de Swedenborg dans la discussion de ces trois questions, c'est d'avoir aidé, au nom des faits, à rendre la liberté à la philosophie. En philosophie comme en politique, pour que la vie et le mouvement naturel reviennent, il faut commencer par renverser le despotisme qui en arrête la circulation. Swedenborg s'impatientait avec raison de l'état de stagnation où trois autorités devenues excessives. Bacon, Descartes et Leibnitz, tenaient les esprits enchaînés, et Wolf eut raison de rendre hommage à celui qui travaillait si bien à la délivrance de la pensée. Swedenborg, il est vrai, ne trancha aucune de ces trois questions , et tout philosophe sait pourquoi, mais il les affranchit toutes trois.
Il eut le très-bon esprit de comprendre, en ce qui concerne la dernière, que pour la traiter avec quelque