LA PHILOSOPHIE
d'argent... A mon retour je reprendrais les obligations et les droits de ma charge, yy
Ainsi ce voyage fut entrepris et ce partage fait pour donner à Swedenborg, très-occupé depuis son retour et pendant Tannée 1735 au collège royal des mines, les loisirs et les moyens de composer et publier quelque ouvrage littéj^aire.
Mais que veut dire ce dernier mot? Est-ce bien dans le sens spécial de belles-lettres, d'histoire ou de philosophie, ou dans le sens général de travail d'esprit, soit de science, soit de littérature, qu'il nous le faut prendre?
Swedenborg ne nous le dit pas.
L'ensemble des notes de son itinéraire et l'esprit assez nouveau qui s'y découvre feraient croire qu'il avait réellement quelque dessein philosophique ou littéraire.
D'abord le choix des contrées qu'il visite est à remarquer : ce sont des pays de philosophie et de littérature, la Hollande, la France et l'Italie.
Ensuite l'attention du voyageur ne s'y porte plus sur les mêmes objets que dans les voyages antérieurs.
En effet, il ne recherche plus les mines et les exploitations métallurgiques. En apparence, c'est bien la philosophie qui le préoccupe. Il ne faut pas s'y tromper toutefois; son horizon s'est agrandi, la physiologie l'a porté vers la philosophie ; mais ce n'est pas pour elle-même qu'il cultive celle-ci. Il s'arrête à Copenhague pour y prendre connaissance de celle de Wolf, et il se note les principes d'ontologie et les points de cosmologie de cet illustre chef de l'école leibnizienne , qu'il se propose de méditer dans ce voyage. 11 les médite réellement. Mais tout cela ne te fait nullement dans le dessein de