SWEDENBORG ET LINNÉ
Mais peut-être que, parmi les mille et les dix mille, il en est dix qui détournent le châtiment et font participer les autres aux biens si abondants de la vie et à la fortune dont ils sont si dignes de jouir. »
On voit que Swedenborg, qui faisait de si beaux rapports à la diète sur les questions de finances, n'eût pas fait tort à la réputation dont il jouissait auprès du premier ministre et auprès des États, s'il leur en avait présenté sur les institutions. Ajoutons maintenant que Swedenborg, après le \oyage sur lequel nous venons de consulter ses notes, songea bien réellement à la composition et à la publication d'un ouvrage, mais non pas à celle d'un ouvrage littéraire, si l'on prenait ce mot dans son acception spéciale. Nous avons dit que celui qu'en partant il avait réellement en vue d'écrire pendant ces quatre ans n'était pas achevé. Contrairement à ses habitudes, il avait peu écrit et n'avait livré à l'impression que trois traités sur les fièvres, Rome, 1738.
Il lui fallut même deux années de séjour en Suède pour rédiger définitivement ses nouvelles explorations et ses études, et il n'alla les faire imprimer à Amsterdam qu'en 1740 et 1741 , sous le titre à' Économie du règne animal^ deux volumes in-4'*.
C'est un ouvrage de physiologie d'où l'animal est exclu; l'homme raisonnable en est l'objet essentiel. On y est loin du système naturel de son illustre compatriote Linné. On sait en quels termes zoologiques et dans quel milieu figure ici, comme bimane, l'angéHque créature faite à l'image de son divin auteur. Swedenborg, mieux inspiré, s'élève plus haut et s'il traite en son économie du règne animal de l'homme, c'est que pour