‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 50 sur 269 · LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ

Voilà de la science sociale au point de vue purement religieux, et certes elle est belle ; en Yoici au point de vue purement politique, et certes elle est piquante :

« Ensuite, il y a en Hollande la plus grande liberté. Point de sujets [servi). Tous y sont directement gouvernés par la main du maître suprême, celle de Dieu ; ce qui fait que leur naturelle grandeur d'âme ne se déprime ni par le respect humain, ni par la crainte. Au contraire, ils conservent une âme ferme et saine dans un corps sain, et l'esprit libre, le regard haut, ils se confient eux et leurs biens à Dieu, qui prétend seul les gouverner.

«Il en est autrement sous les gouvernements absolus, où l'homme est façonné par l'adulation et la dissimulation, apprend à avoir sur les lèvres autre chose que ce qu'il tient enfermé dans le cœur; où l'esprit, par une longue habitude, est à ce point feint et fardé que, même en s'adressant à Dieu, il dit autre chose et pense autre chose, présentant à Dieu ses adulations et ses faussetés, ce qui ne peut que lui déplaire. Telle me semble la cause de cette prospérité qui sourit aux Hollandais en toutes choses et plus qu'à toutes les autres nations. »

Il n'y a rien de plus grand que cela dans Montesquieu, s'il y a quelque chose d'aussi grand. Swedenborg termine au nom de la rehgion ce qu'il a commencé en son nom. Et, sauf la forme , à peine y a-t-il dans Bossuet quelque chose de plus haut que ceci :

« Toutefois qu'au lieu du Dieu suprême ils adorent Mammon et n'aiment que l'or, c'est là un fait qui ne paraît pas se concilier avec la durée de leur prospérité.

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