LA GRANDE AFFAIRE
le mot dicté qui avait été mis en avant dans la célèbre vision de 1745 ; mais le mot révélé, qui revient si souvent, est presque l'équivalent de celui dont je signale l'absence. Boehme ne parle jamais de dictée, mais il écrit d'après des révélations.
Ce qui honore Swedenborg, c'est que c'est toujours sa doctrine qui est sa grande affaire et forme sa mission. Les phénomènes ne sont presque rien . Quand il assiste aux conférences des anges, il dépeint la scène avec quelque détail, mais ce qui l'intéresse, c'est le dogme qu'on discute, ce sont les opinions qu'on professe, les décrets qu'on rend. Les magniticences ne l'éblouissent pas; mais ce dont il tient grand compte, ce sont les raisons qu'on donne. Car s'il est toujours théologien, il ne cesse jamais d'être philosophe et rationaliste au sein même du surnaturel. Le rationahsme, c'est l'idéal de ce théosophe, de ce ce visionnaire; » et les siens, en publiant leur profession de foi de nos jours (en 1851, à Londres), ne s'y son1 pas trompés, ils ont prétendu avant tout la rendre conforme « à la raison , au bon sens. »
Leur chef a-t-il les folles prétentions d'un Montanus ou d'un Manichée? Est-il la lumière du Paraclet? veut-il fonder une religion nouvelle ou rétabhr la primitive pureté du christianisme?
Non, il a horreur d'un rôle semblable; il malmène Luther et Calvin; il ne ménage pas même Mélanchthon.
Ce que le Voyant conçoit le moins, c'est ce qu'on lui reproche le plus, la prétention de mettre en avant une troisième révélation.
Il rêve si peu un rôle pareil qu'il ne veut ni parler,