‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 81 sur 269 · L ÉTAT NORMAL · texte numérisé non relu

L ÉTAT NORMAL

ni prêcher, ni célébrer le culte, ni être ministre, il ne veut écrire que ce qiiilavu ou entendu^ et ce que Dieu lui dit d'écrire. Mais, s'il ne veut ni d'une nouvelle parole de Dieu, ni d'une troisième révélation, ni de la tradition, ni des décisions ou des interprétations des conciles, ni d'une école de théologie quelconque, il ne veut pas non plus du christianisme, de l'évangile de tout le monde. Il professe sa foi à la révélation et à la nécessité de celle-ci; mais il n'entend pas qu'elle s'impose à la raison au nom de faits miraculeux ou d'oracles prophétiques. Ces faits et ces oracles, il les respecte; mais ce sont des circonstances, des moyens, de la décoration : ce ne sont pas des idées. Or, c'est par ses théories qu'une doctrine démontre sa vérité et justifie sa crédibilité. Aussi dit-il bien formellement que ce n'est pas pour lui qu'il faut l'écouter; qu'il n'est ni prophète, ni apôtre ; qu'il n'y a rien de miraculeux dans l'inspiration qui réclaire, dans les révélations qu'il reçoit ; que tout cela est de l'organisme humain élevé à l'état normal. La raison de chacun étant de Dieu, elle n'est en possession de la vérité que par Dieu ; mais elle est très-susceptible de recevoir cette vérité ou cette illumination intérieure, et elle en obtient tout naturellement un degré proportionné au penchant pour le bien qui est en elle et qui vient essentiellement de la part de Dieu. Car nul ne comprend la parole de Dieu s'il n'est éclairé de Dieu [Arcanes célestes^ xf 2oo7.)

Yoilà « l'état normal» de toute créature humaine, et Swedenborg ne s'attribue rien de plus que cet état. Toutefois le sien, celui dont il jouit, est d'un degré supérieur, supérieur à ce point qu'il l'est aussi au degré

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