UNE INITIATION
envoya feuille par feuille à Amsterdam pour l'y faire imprimer. Il mit treize ans o compléter son travail, et, le jour même où il en envoya la dernière page, il se sentit défaillir et se mit au lit', pour mourir peu de temps après.
C'est a M. Wengren lui-même, devenu plus tard un des plus honorables magistrats de Golhenbourg. qu'on doit ce récit. H le transmit en 1 78i à l'éditeur du Magasin (anglais) de la Nouvelle Jérusalem, etla scène qu'il décrit est d'autant plus curieuse que c'est la seule de ce genre qu'on nous fasse connaître dans la vie de Swedenborg. On en conviendra, auprès des initiations des écoles tliéurgiques de Bordeaux et de Copenhague, établies plus tard, celle-là est aussi simple que digne, sans en être moins imposante. Ce n'est pas un exposé de principes seulement qu'y fait Swedenborg; c'est encore cette déclaration solennelle, que son adepte est reçu dès lors dans la société desanges. C'est de plus, de la part de l'initié, si je dois employer ce terme, une consécration sérieuse à l'œuvre de la nouvelle Jérusalem.
Mais (pic (lovinrciH les iii'i - liîmoins de l'initiation, ■ M. Rosen et M. Wengren lui-même?
Le premier partagea les convictions du docteur B'jj tT t't les persécutions qu'elles lui valurent; "Wengren fut oublié dans les secondes, tant fut modeste la part qu'il prit aux premières.
Quant à Swedenborg, à peine arrivé à Amsterdam , il y mit sous presse son ouvrage , l'Apocalypse révélée où se trouvent dévoilées les choses mystérieuses qui y sont prédites et qui étaient demeurées cachées ittsqu'à ce jour. Amsterdam, 1766, iu-4".
l'apocalypse.
En effet , l'impression de cet ouvrage ne fui achevée qu'en 1766; mais elle fui commencée tics 1765. A peine sorti des presses, ce livre fut envoyé en Angleterre, en Suède et en Allemagne, et reçu parles amis de l'auteur avec de vives sympathies.
On sait que l'Apocalypse est de tous leslivres sacrés celui qui a le privilège de provoquer les commentiiires les plus incessants et les plus volumineux. Les contemporains de Swedenborg a' occupaient singulièrement des mystères voilés plutôt que dévoilés dans cette composition qui efface tout ce que les prophètes de l'ancienne alliance offrent de plus grandiose, soit comme conception d'idées, soit comme hardiesse d'images. thia plusieurs de ses traités, et surtout dansteChevnl blanc, dans les Arcanes et dans le volume du Ciel et de S Enfer, Swudciibui'u- avait wpo^ ses vues sur l'obscur livre de Saint Jean. Daus son nouvel écrit, il résume les théories éhauchées dans ces dilt'éi'ents traités; mais il n'y dit pas encore son dernier mot, et pour avoir le cycle tout à fait complet de ses enseignements à ce sujet, il faut joindre à l'Apocalypse révélée l'Apocalypse expliquée selon le sens spirituel, ouvrage posthume en 4 volumes, Londres, 1785 à 1789. Enfin, à celui-là il faut ajouter V Index rentra in Apocalypsi revelata, Londres, 18)3, toujours in-4".
On peut se faciliter la lecture de ces nombreux volumes, en les prenant résumes et combinés dans un travail de M. Le Boys des Guays, qui a su, de plus, y faire entrer ce que Swedenborg a rais dans ses Arcanes sur le XXIV chapitre de l'Évangile de saint Mathieu. Les personnes qui n'ont pas une grande familiarité avec ces
sortes do matières feront bien, même avant d'aborder l'Apocalypse dans son sens spirituel, par M. Le Boys, de lire le chapitre de saint .Mathieu que je viens^ d'indi-
rians les discours de Jésus-Christ qui y sont cités, ce qui a rapport à la fin de la ville de Jérusalem et de son temple, de ce qui a trait à ce qu'on appelle la /in du monde, locution à laquelle peu de gens attachent une idée nette. C'est cette considération qui nous a fait consacrer à l'étude de la question de la fin du monde un chapitre spécial de notre Philosophie de la Religion.
Il est, parmi les commentaires ou les écrits sur l'Apocalypse, des pages du plus haut intérêt sur les plus grandes questions rie la dcstini'e humaine et de la providence divine, ou sur le gouvernement des choses religieuses. 11 s'en trouve d'autres dans eu? torils; gôjn*i ■aliment ignorés des gens du monde et même des gens de l'itres : il s'y voit rie? c;ilonis l'slnmgiis, dis iTmibiiuiscins hizivns, dis hypotlKSis ridicules, II 1 tout éohnfaudé avec une science et un talent dignes de ces grands problèmes. Ce qui y domine généralement, c'est d'abord l'ambition de deviner l'énigme du chiffre fit>6 que saint Jean pose d'une maniera si solennelle. Puis vient la prétention bien plus élrange, de fixer l'année de la fin du monde, en dépit de et que le Fils de liieu a du si formellement sur l'impossibilité, pour tout autre que son IVre, ik- connaître celte époque. Nuire sii-cle a fait uèsbon marché de toutes ces élucubrations eu se livrant à l'indiiTérence sur les questions elles-mêmes; et il n'est pasdifficile d'argumenter contre la doctrine delà fin du monde elle-même ou de la déclarer inadmissible, par