‹ Emmanuel de Swedenborg sa vie ses ecrits et sa doctrine par m. MatterChapitre 107 sur 179 · ÉLISABETH · texte numérisé non relu

ÉLISABETH

Dans cetle course, une courte relâche faite à Elseneur luivalutun entretien avec le général iuxcn, à qui nous devons cette belle et longue lettre si pleine de renseignements que nous avons déjà consultée sur d'autres faits et d'autres voyages de Swedenborg. Tuxen lui posa dès leur première rencontre des questions directes, d'abord sur son entrevue avec le prince de Prusse, frère défunt de la reine de Suède, puis sur le sort qu'avait dans l'autre monde le feu roi de Danemarck, Frédéric "V.

Nous avons ditei-dessus ce que Swedenborg répondit sur l'anecdote de la reine Ulrique. La réponse sur le roi défunt ne fut pas moins précise.

« Je lui demandai aussi, nous dit le brave général, s'il avait vu le roi récemment mort (Frédéric V, roi de Danemarck, est mort en 1766) , et j'ajoutai que j'avais l'espérance certaine de son salut, quoiqu'on lui attribuât telles ou telles faiblesses. — Il me répondit : Oui, je l'ai vu, et je sais que non-seulement il est bien, mais encore que tous les rois de la maison d'Oldenbourg, qui sont réunis, le sont également. Telle n'est pas l'heureuse condition de nos rois de Suède, dont plusieurs no se trouvent pas aussi bien. — Cela fut dit en présence du consul de Suède et du capitaine suédois sur le bâtiment duquel il voyageait. Il ajouta de plus ces mots : Dans le monde des esprits, il n'est personne que j'aie vu entouré d'un cortège et d'un domestique aussi brillants que feu l'impératrice Elisabeth de Russie. — Quand je lui en exprimai mou étonnement, il continua ainsi : Je pourrais vous en dire une raison que peu de personnes trouveraient. C'est qu'avec tous ses défauts elle avait bon cœur, et avec toute sa négligence et sou

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indifférence un certain degré de circonspection la portait, à différer à dessein l;i signature do beaucoup d'edits et de papiers ; mais, par suite même de cette circonstance, ils s'amassèrent a ce point qu'à la fin ne pouvant plus ni les examiner ni même les lire, elle fut obligée d'ajouter foi aux rapports de ses ministres et d'en signer autrui! cjihi pii^ilik. Après quoi elle avait coutume de se retirer dans son appartement, pour se mettre à genoux et demander pardon à Dieu, pour le cas où il lui serait arrivé de signer quelque décision injuste. »

J'ai dit que cette année fut pour Swedenborg une des plus rudes de sa vie. De retour à Stockholm d'un voyage en Angleterre entrepris pour constater une situation agitée, il trouva en Suède la même situation. Quand on ajoute à ces travaux et à ces soucis les entrevues continuelles qu'il avait dans los régiuus célestes et les incessantes visites qu'il en recevait, on se fera quelque idée de cette vie si pleine et si active encore à 7il ans.

Avant d'enregistrer ce qu'il y eut de plus rude pour lui dans cette année, le double choc qu'il eut à subir en Allemagne, de la part du plus grand philosophe et de la part du plus é minent thé osophe du siècle, reposonsnous un peu avec l ui à l'ombre de ses bosquets. Le mois de septembre fut beau à Stockholm cette année : un étudiant qui nous rend compte de la visite qu'il fit au théosoplie dans le courant de ce mois, l'appelle un mois d'été. Écoulons cet étudiant, c'est un homme de cœur.

« Dans l'été je le (Swedenborg) visitai dans sa maison, dit M. Collin. 11 me reçut avec beaucoup de bienveillance. C'était a une heure peu avancée de l'après-midi, et d'après la coutume suédoise on servit un café dcn

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