AUX UNIVERSITÉS
culte idolâtre ou adultère. Mais cela blessait par la dureté du mot lupanaria. Swedenborg informe dans sa lettre les universités do Suéde , et cela explique cet appel qu'il leur adresse, « qu'un procès religieux a été intenté aux docteurs Beyer et Rosen; que le sénat l'a jugé d'une façon si étrange que lui, Swedenborg, a cru de son devoir d'exposer à Sa Majesté les erreurs où l'on est tombé. Ce corps s'est dit pontife souverain. Il n'est que le vicaire du vicaire dit souverain pontife, ht souverain pontife, c'est Christ. Le vicaire, ce sont tes Étals du royaume. Le sénat n'est que le vicaire de ce vicaire. Le pape, qui se dit pontife souverain, n'est que vicaire non plus de Jésus-Christ. Or un vicaire n'est pas un maître. Il doit donc avoir un conseil, un consistoire. Le pape en a un. Les États ont le leur dans le corps ecclésiastique; le sénat a le sien dans les universités. Or, au lieu de le prendre là, ce corps l'a pris ailleurs : il a pris le consistoire de Gothenbourg. »
Mais n'est-ce pas la pousser loin l'amour des théories impossibles et le goût des assimilations qui se heurtent? Car tout cet échafaudage repose, 1" sur la prétention des empereurs romains, qui, devenus chrétiens, continuaient à se dire pontifes souverains du culte païen ; 2° sur le système de l'Église catholique ; 3" sur le système de l'Église réformée : c'est-à-dire sur trois ordres de choses que Swedenborg disait condamnées par les divers jugements derniers qu'il enseignait.
Le roi, dit-il, a renvoyé sou mémoire au sénat. Le sénat en a délibéré, mais il a ajourné sa décision, et Swedenborg en appelle aux universités en leur qualité de consistoire du vicaire du vicaire de Jésus-Christ.