L'.N PRINCIPE
Ce ne fut qu'après ce surprenant appel qu'il s'embarqua pour Amsterdam.
Singulière communauté de destinée que celle des deux théosophcs les plus émiiicnts de l'époque : Au moment mûme où Swedenborg et (JKliiiger se divisent, ils deviennent tous deux l'objet du vifs débats au sein du gouvernement de l'Église et de l'État. En effet, on voit le prélat OKtînger tomber la même année que Swedenborg et pour la même raison sous le coup d'une sérieuse enquête, et ne devoir son salut, lui aussi, qu'à des considérations personnelles, l'estime de son prince.
Le grand principe de la liberté religieuse, celui des droits dê la conscience, n'émit pas inconnu; il était au contraire proclamé depuis plus d'un siècle; mais la pratique en était encore contestée et embarrassée partout Ici et' dans les doux cas, en Suède comme en Allemagne, la question était d'ailleurs complexe, et si l'autorité se trompa en se croyant maltresse des croyances, OElinger, Swedenborg, Bejer et Hosen se trompèrent davantage en s'imaginant qu'on pouvait à la fois fonder une Église nouvelle et demeurer membre gouvernant de l'ancienne. Rien de plus sacré sans doute que le droit de chacun d'entrer dans l'Église dont il partage les doctrines, si ce n'est le devoir de sortir de celle dont ilattaque le symbole. Mais le devoir de la retraite, peu pratiqué encore de nos jours, était alors le plus nouveau de tous. On se conseillait, au contraire, parce que c'était plus commode, de rester en possession de ses avantages , et l'on se persuadait que c'était pour éclairer les autres qu'on demeurait fidèle à ses béné-