‹ Emmanuel de Swedenborg sa vie ses ecrits et sa doctrine par m. MatterChapitre 18 sur 179 · LES FAITS ET LES SYSTÈMES · texte numérisé non relu

LES FAITS ET LES SYSTÈMES

point mathématique, de même que les lignes, les ligures, toute la géométrie ; et cola par I.i raison qu'il n'est rien dans la nature qui ne soit géométrique, et vice versa.

3. Admettons de plus que tous ces éléments peuvent se mouvoir en même temps et au même lieu, et que chacun se meuve sans en être empêché par un autre.

4. Il faut des faits incontestable:, pour servir de base à la théorie, et il n'est pas permis de faire un pas sans être guidé par eux.

Dû ces règles si pures, prises si haut et posées avec cette légitime autorité que nous verrons Swedenborg déployer constamment dans sa vie, et sur le domaine spirituel comme sur le domaine matériel, il lit l'application la plus brillante. Et après la proclamation de l'empire des laits conducteurs, rien n'a mieux plu à ses téméraires successeurs que ces déclarations très-philosophiques dans lu bouche d'un homme si riche défaits: que les documents scientifiques ou les faits amassés depuis des siècles suffisent pour stitukr ks principes des choses; que la philosophie de la nature, loin de supposer la connaissance d'innombrables phénomènes , ne demande que celle des faits essentiels qui découlent en ligne droite ; que celle des forces et du mécanisme de l'univers qui ne dérivent qu'indirectement et d'une façon éloignée, embarrassent l'intelligence et la détournent de la vraie voie au Heu de l'y guider; que cette inquiète recherche de phénomènes plus nombreux qui se transmet de génération à génération , est le caractère dislinctif de ceux qui sont incapables de remonteraux principes et aux causes.

Et rien de plus légitime que cette foi scientilique aux

BRILLANTES mïllfJUVEBTES.

lois de la nature; rien de plus Fécond que cette puissance de déduction qui se transforme en synthèse, (l'est, une hardie anticipation sur le génie de Cuvier, rétablissant et créant tout l'animal par le fragment d'un os.

Le système que Swedenborg édifia au nom de ces principes a perdu sa valeur, mais on y admire encore de brillantes indications. M. Dumas a signalé, dans sesZeçoits de phitovip/ric i-lnmiqw, le rare bonheur avec lequel Swedenborg a créé la cristallographie et préludé à la découverte de Wollaston sur le rôle de la forme spherique dans la composition des cristaux.

D'autres ont, signalé ses ingénieuses anticipations sur les belles théories de Dalton et de Borzélius.

Ce qui jette encore plus d'éclat sur son nom, c'est qu'il partage avec sir William Herschel l'honneur d'avoir découvert la place de notre soleil et de son système dans la voie lactée, et avec Lagrange celle d'une magnifique théorie. Les changements observés dans les orbites des planètes semblaient autoriser la crainte d'une destruction générale et le retour de la création dans le chaos, quand Lagrange vit qu'au bout d'un certain temps les déviations ramènent elles-mêmes la marche régulière. Or, le germe do cette brillante découverte, de cette belle périodicité, est dans les Principes de Swedenborg, dont le génie devait sonder les profondeurs de la terre et les altitudes des sphères avant de passer à l'étude des mystères du ciel.

Il y a de la poésie, de l'invention, dans cette vaste construction élevée avec les éléments de l'expérience; ne le nions pas. Au contraire, constatons dans son auteur cette puissance d'imagination que ses ouvrages de

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