CHAPITRE V
Voyage d'Allemagne (el de Hongrie?) — Noutelles publications de S»eilcnbQr{r. — L'Audémle des sciences île Paris le Irarlutt. — Membre de l'Acadimfa des sciences de S.ilnt-Pi'lcr.iljourg. — PerfccliuliTienieiilt lie l\:\|)iuilil:Mi! Li:.:-L;i- 1 n [ ,;i.;uu . — Yuv:i(!eï de llf[|j:i.[e el d'Angleterre.
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Au boul de dix années de résidence, l'esprit actif et curieux de nouveautés de Swedenborg le poussa à revoir d'autres hommes et d'autres pays. La Suède suffisait à son patriotisme politique, mais sou horizon scientifique était sans bornes, comme le tut bientôt sa patrie religieuse.
Il partit en 1733, en vertu d'un congé de la part du roi. 11 quitta Stockholm en société du comte de Gyllenborg, du baron de Stiernkrona et de plusieurs autres qu'il sema* dans les différentes provinces du pays, mais dont aucun ne le suivit à l'étranger. 11 visita successivement le; '.''tulilis.smiun'.s lit les savants de Stralsund, Giviiawnhi , l'firdlarid, SlivIiU, Furslenibun.', llei'lin, et Dresde. De Dresde il se dirigea sur Prague, visita les mines de Bohème, Carlsbad et d'autres stations métallurgiques. Son Itinéraire relatif à cette excursion
LE VOVAOEUH.
montre qu'il vit, dans les pays qu'il parcourut, tout ce qu'on appelait alors les curiosités; mais ses notes sont de simples indications de peu d'intérêt, si ce n'est quant aux ouvrages qu'il lisait et aux exploitations métallurgiques qu'il examinait. S'il visita les monuments publics, les églises et les bibliothèques ; s'il assista aux revues et aux manœuvres, il n'en rapporte rien. Abstraction faite d'une remarque assez piquante sur la tenue militaire et la pose un peu dramatique des régiments du roi de Prusse, ou de quelques notes surlesattraitsqueleculle catholique offre à ses fidèles, cl qui mvkm la vivacité de fou imagination; — abstraction faiti: de w:i quelques remarques, il ne se trouve dans ces notes rien qui lasse connaître le voyageur. A le lire, on dirait qu'il ne fréquente aucun spectacle et ne s'entretient avec aucun homme célèbre qui mérite qu'on en parle. C'est qu'il travaille, c'est qu'il voyage pour lui, c'est qu'il voyage pour amasser des- faits propres à éclairer des problèmes de science. Il voit les savants et se lie volontiers avec eux. Il en nomme quelques-uns, des métallurgiste» siu-tuiit ; il sent même qu'il aurait dû en nommer d'autres; mais il prend facilement son parti sur cette omission, s'oxeuse un peu, met en avant la raison de brièveté et se contente de dire, en forme de sommaire , qu'il n'a négligé aucune occasion de voir, en outre, des bibliothèques, des musées et d'autres cIhj-l's dignes d'attention. Travailleur incomparable, il aime à ce point tirer parti de son temps, qu'il ne faut pas l'en croire lui-même quand il se reproche l'emploi du 26 mai. «Attendant la poste, dit-il, j'ai passé la journée à ne rien faire. »
Revenu à Dresde, qu'il aima beaucoup, il se rendit
sur la fin de l'été, avec sou riche butin d'observations, à Leipzig où il commença, en octobre, l'impression de son grand ouvrage, intitulé Opéra philosopkica et mineralia, et orné de son beau portrait.
L'impression de cette large composition l'enchaîna à Leipzig pendant l'hiver. Il y corrigeait ses épreuves et faisait tirer jusqu'à feuilles pur suiiiidiie.
On dit que l'auteur profitait, en les révisant, des observations que pendant l'impression même il avait faites en Autriche et en Hongrie, en visitant les mines et un étudiant l'exploitation métallurgique ; mais de cela son Itinéraire ne dit rien. Par suite di> ces études élargies, la correction de ses épreuves ne demanda guère moins d'une année entière. L'ouvrage parut a Dresde et à Leipzig en trois volumes in-folio, dont le premier poTte le titre général lie Principes 'les chose* naturelles et nouvel essai d'un exposé philosophique du mondeélémentaire.
Au fond, et quand il parut, il ne s'agissait plus uniquement, pour cette intelligence essentiellement spéculative, de l'exploitation du cuivre, du fer ou du piomb, ni de celle de l'or ou de l'argent; il s'agissait des secrets mêmes de la nature, du jeu occulte de ses forces et de ses lois, de ses merveilles et de ses mystères ou de sa philosophie. Car Swedenborg ne fut jamais de l'école mystique de l'anicelsu ; il lui théosophe plus tard ; mais à cette époque il était do l'école purement scientifique do Télésius, de Campanella et de Descaries.
Le second et le troisième volume de l'ouvrage, qui portent le titre spécial du rei/ne mimral, sont bien consacrés au fer, au cuivre et au laiton, et nous allons dire
lout à l'heure l'appréciation qu'en fit l'Europe savante ; mais le tome premier exposait tout un système de l'univers, en un mot une philosophie de i;i nature. Le Principïa rerum nnluralium, sire novorum tentammitm pfiœnotncna mundi etrmenfaris phifosnpkice explieandi cit. une du» gloire- ,!c shi époi|iLe.
Il- nous -font dire un mot de ce travail général tout d'abord , pour donner une idée de la nature et de la portée do l'esprit philosophique de son auteur.
Telle fut,er> effet, sa confiance dans les inductions tirées par son génie méditatif des faits qu'il avait si bien observés et si itérativement revus, qu'il osa risquer toute une théorie, cl construis un Univers, une cosmologie à priori; exemple que les naturalistes du de-îiier i:é:']e H |r> |ih ilo>i!|iiics du nôtre n'ont que trop imité. Son essai, il est vrai, ne révèle pas du tout le plan réellement suivi par l'auteur du monde, mais il atteste, sinon toute la portée, du moins toute la témérité de l'esprit de Swedenborg.
Les quatre règles qu'il posa pour l'examen des plus grands phénomènes et pour l'étude des éléments mêmes qui les amènent, L'aimant nii lu iinigTtéttHne minéral, la lumière et l'atmosphère, ont encore une incontestable autorité. Ces quatre maximes, les voici :
1. 11 nous faut partir du point de vue, que !a nature agit par les principes les plus simples et que les parties de ces éléments sont les formes les plus simples, les moins raffinées, les moins artificielles.
2. Nous devons admettre comme principes de la nature le principe même An la géométrie, c'est-à-dire déduire l'origine des diverses parties de la nature du