TROIS QUESTIONS
la voie des mystères de la nature, si bien qua partir de ce moment il voulut en embrasser l 'élude tout entière.
La môme année encore il publia à Dresde un volume sur les trois grosses question? du temps : Y In fini, la
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Et ici encore, il nous faudra donner une idée de ce travail pour faire comprendre un peu l'étendue de la science de son auteur, l'élévation de son esprit et la familiarité avee les plu; haulr-s réduis i-péeulalivts., avec laquelle le savant ■ l<- Sinrklnilm dev.iit bienVit entrer dans la troisième et si extraordinaire phase de sa vie. Le vrai cachet [de sa » philosophie ri-liounclle, » c'est, comme le dit son tilre, le îiitii ■hllIï^iii h; . I, 'auteur y veut que toute pensée soit raisonnable et traite exposition d'idée simple jusqu'à la familiarité. Jamais le raisonnable n'est contraire à la révélation , dit-il , et jamais ce qui n'est pas clair n'est philosophique.
Cette simplicité n'empêche pas l'originalité.
La question de 1'iufini alors agitée est toujours à résoudre encore, l'intelligence humaine étant incapable d'embrasser la chose dont il s'agit et ne comprenant que l'idée ou le mol qu'on emploie pour la désigner. El!e venait d'être traitée en Suède par le créateur de la philosophie moderne. Pour Descartes, le monde était l'ensemble infini des mondes, l'univers sans bornes', dont la création divine ou la formation offrait des problèmes difficiles. L'ami de la reine Christine en expliquait hardiment la naissance au moyen de trois éléments : la matière subtile ou la fine poussière, lés petites boules et les matières privées tout a. fait ou ani-
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méa de peu de mouvement (Voy. notre Histoire de la
phihi.'iiphii: (/.',■/(( .ïf.» ï/ippoïL'. iirfie la rr.li'jiim, p. 2<i!j).
Swedenborg, qui était cartésien pour ce qu'on appelle la philosophie proprement dite, la logique et la méthode, l'était peu pour la psychologie et la métaphysique, et point pour la cosmologie. Il reprit en sous-œuvre toute cette théorie, et demanda, sans aucun dédain pour un grand nom, mais avec une entière indépendance, qu'on mit des faits incontestés en place de ces conceptions qui ne sont guère autre chose que des assertions.
Ile Descartes Swedenborg passa à Itncon avec la même aisance, lus mêmes respects et la même supériorité dans la question des cotises finales de chacune des grandes œuvres de la nature ou de la cause finale de toutes.
Bacon, pour amener les philosophes à se faire observateurs des Faits, naturalises i.'ii un mol et non pas improvisateurs de systèmes, c'est-à-dire d'hypothèses, avait proscrit les causes finales, ou plutôt il en avait interdit la recherche. Ce qui nous est donné dans le phénomène, disait-il , c'est le phénomène. Qu'on le constate, c'est notre part. Quant à la cause, elle ne nous appartient pas. C'est la part du créateur. Cette manière d'élucider la question en fermant les yeux, ne convenait pas à Swedenborg. Il n'est pas au pouvoir de l'esprit humain d'y renoncer, dit-il, et il aurait tort de le faire quand il en serait le maître.
Apres Bacon et Deseartes, le tour de Leibnitz vint dans l'élude de la troisième question, le problème de la liaison du corps et de l'unie. Leibnitz venait de donner celte hypothèse de l'harmonie préétablie qu'il prodi-