XIV PRÉFACE
égards pour les grands problèmes do l'esprit et coite humaine bienveillance pour ses plus laborieux enfantements; pour. ses plus hardis ou aventureux voyages de découvertes.
Pour en revenir à Swedenborg, quel est lo leoteur qui jadis no se fût ému , soit pour son compte, soit pour celui d'un écrivain, en le voyant s'élancer dans un domaine où il devait se rencontrer face à l'ace avec l'illumination, avec l'inspiration, avec l'extase, la vision, la seconde vue, l'apparition des esprits, que dis-jc? avec la majesté divine elle-même, avec la dictée de Dieu et celle des anges?
Or telle est la vie de Swedenborg, dont les vingl-sopl dernières années se sont passées dans le merveilleux et dont la doctrine est née d'une complète iniHiunorplio.se. Eh bien, grâces à la nôtre, nous pouvons aujourd'hui aborder cette vie et cette doctrine avec autant d'aisance que si c'était celle de Condillac ou d'Helvétius. En effet, notre point de vue s'est à ce point élevé et élargi, que nous pouvons sans crainte aucune chercher des révélations imporlantes pour la
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science (le l'esprit humain dans des i'aits sur lesquels la mauvaise honte d'un autre siècle se croyait lenue de jeter ou le sarcasme ou le manteau de la piété filiale. Quand le démon deSocrate, ia vision de Descartes et les hallucinations de Pascal nous fournissent de précieuses révélations sur nous-mêmes, les extases de Swedenborg nous doivent évidemment les leurs aussi.
Dans des circonstances aussi favorables, comment aurais-je pu hésiter à présenter une étude nouvelle sur un penseur sur lequel la rare bienveillance d'amis sincères de cet homme extraordinaire et plus instruits que nuls autres sur tout ce qui le concerne, a tant facilité mon travail? Aussi, j'espère que par te fait M. Le Boys des Guays, M. Auguste HarJé, M. le bibliothécaire Tafel et MM. de la Société Swedenborgienne de Londres, en mettant à ma disposition tous les documents que je pouvais avoir besoin de consulter, auront encore plus servi la cause de la vérité que la personne du dernier biographe de Swedenborg.
J'ajoute qu'en tous les cae ils yont d'autant plus
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de mérite que, reconnaissant avec plus de bonne grâce le droit de mes divergences d'avec celui de leurs convictions , ils ont plus soigneusement évité toute apparence d'intention de les modifier. Ils savent bien, d'ailleurs, que si quelque chose peut contribuer à faire accueillir une nouvelle appréciation de Swedenborg, c'est avant tout l'entière indépendance du nouvel historien, la libre attitude d'un juge sorti d'un camp, sinon opposé, du moins autre.
Parle, 16 avril lltl.