‹ Emmanuel de Swedenborg sa vie ses ecrits et sa doctrine par m. MatterChapitre 38 sur 179 · LA GB4NBK AFFAIRE · texte numérisé non relu

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le mot dicté qui avait été mis en avant dans la célèbre vision de 1745 ; mais le mot révélé, qui revient si souvent, est presque l'équivalent de celui dont je signale l'absence. Boehme ne parle jamais de dictée, mais il écrit d'après des révélations.

Ce qui honore Swedenborg, c'est que c'est toujours sa doctrine qui est sa grande affaire et forme sa mission. Les phénomènes ne sont presque rien . Quand il assiste aux conférences des anges , il dépeint la scène avec quelque détail, mais ce qui l'intéresse, c'est le dogme qu'on discute, ce sont les opinions qu'on professe, les décrets qu'on rend. Les magnificences ne leblouissent pas; mais co dont il tient grand compte, ce sont les raisons qu'an donui:. Car s'il est toujours théologien, ■ il ne cesse jamais d'être philosophe et rationaliste au sein même du surnaturel. Le rationalisme, c'est l'idéal de ce théosophe, do ce « visionnaire; » et les siens, en publiant leur profession de foi de nos jours (en 1831, h Londres), no s'y sont pas trompés, ils ont prétendu avant tout la rendre conforme « à la raison, au bon sens. »

Leur chef a-t-il les folle s. pré tentions d'un Montanus ou d'un Mauichée? Est-il la lumière du Paraclet? veut-il fonder une religion nouvelle ou rétablir la primitive pureté du christianisme?

Non, il a horreur d'un rôle semblable; il malmène Luther et Calvin; il ne ménage pas même Mélanchthon.

Ce que le Voyant conçoit le moins, c'est ce qu'on lui reproche le plus , la prétention de mettre en avant une troisième révélation.

Il rêve si peu un rôle pareil qu'il ne veut ni parler,

ni prêcher, ni célébrer le culte, ni être ministre. Il ne veut écrire que ce qu'il a vu ou entendu, cl ce que Dieu lui dit d'écrire. Mais, s'il ne veut ni d'une nouvelle parole de Dieu, ni d'une troisième révélation, ni de la tradition, ni des décisions ou des interprétations des conciles, ni d'une école de théologie quelconque, il ne veut pas non plus du christianisme, de l'évangile de tout le monde. 11 professe sa foi à la révélation et a la nécessité de celle-ci; mais il n'entend pas qu'elle s'impose a la raison au nom de faits miraculeui ou d'oracles prophétiques. Ces faits et ces oracles, il les respecte; mais ce sont des circonstances, des moyens, de la décoration : ce ne sont pas des idées. Or, c'est par ses théories qu'une doctrine démontre sa vérité et justifie sa crédibilité. Aussi dit— il bien formellement que ce n'est pas pour lui qu'il faut l'écouter; qu'il n'est ni propliite, ni apôtre; qu'il n'y a rien de miraculeux dans l'inspiration qui l'éclairé, dans les révélations qu'il reçoit ; que tout cela est do l'organisme humain élevé à l'état normal. La ratson de chacun étant de Dieu, elle n'est en possession de la vérité que par Dieu ; mais elle est tres-suscëplible do recevoir cotte vérité ou cette illumination intérieure, et elle en obtient tout naturellement un degré proportionné au penchant pour le bien qui est en elle et qui vient essentiellement de la part de Dieu. Car nul ne comprend la parole de Dieu s'il n'est éclairé de Dieu. (Arcanes célesies, n°2557.)

Voilà « l'état normal» de toute créature humaine, et Swedenborg ne s'attribue rien de plus que cet état. Toutefois le sien, celui dont il jouit, est d'un degré supérieur, supérieur à ce point qu'il l'est aussi au degré

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