‹ Emmanuel de Swedenborg sa vie ses ecrits et sa doctrine par m. MatterChapitre 37 sur 179 · LES PRÉCÉDENTS DE SWEDENBORG · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENTS DE SWEDENBORG

« L'homme intérieur, qui n'est que naturel et non pas spirituel, est un esprit et pas un ange. Aussi, tant qu'il vit dans le corps il est dans la société des esprits, de ceux qui sont dans l'enfer, et il passe parmi eux après la dissolution du corps. »

Voilà la grande théorie de Swedenborg. Et sa grande prétention ou son état ilis'hiciif, c'est qu'il est ■dans hi

Au premier aspect, rien de plus simple ni de plus modeste; mais au fond son ambition est plus haute que celle d'aucun autre théosophe de ce temps ou d'une époque postérieure. Non-seulement les yeux de son homme intérieur sont ouverts, mais ce sont bien encore les cieux et les enfers qui sont ouverts pour lui.

(Juuml la critique oppose ses doutes ou la raison .ne? arguments à cette prétention , les apologistes de Swedenborg répondent sans façon que saint Paul a été favorisé de même; que son organe intérieur a été ouvert afin qu'il pût voiries cieux, témoin les Actes, les Ëpitres auxlïalatosetaux Corinthiens; que Jésus-Christ fut dans les cieux et sur la terre; qu'il entendit et vit les anges et les esprits, ainsi que son Père céleste; que même il promit formellement à ses disciples qu'ils verraient, eux aussi, les cieux ouverts et les anges monter et descendre sur le Fils de l'homme.

Ils font ces assimilations sans hésiter, témoin les livres qu'ils publient pour Swedenborg et contre ses adversaires. Et si celte aisance fait voir a quel degré ils portent l'admiration du personnage dont ils suivent la bannière, du moins elle n'est pas muette.

Swedenborg n'est pas seulement en commerce in-

time avec les anges et avec les esprits, dont il fait deux classes très-distinctes, il l'est avec Dieu. Et ce ne sont pas seulement des phénomènes qu'il voit ou des faits qu'il prévoit , ou les paroles d'une conversation qu'il entend : il voit la pensée même. Il n'a pas besoin, pour la voir, d'entendre des paroles qui l'expriment : il sait ce langage des anges qu'entrevoyait si bien madame Guyon et qu'elle parlait si parfaitement avec son directeur. Pour Swedenborg en commerce avec Dieu, et son greffier, les anges ne sont que des êtres assez secondaires. Us sont quelquefois ses instituteurs, mais il est souvent le leur. 11 est bien réellement dans son siècle et dans les annales de l'humanité un privilégié hors ligne : Phénomène unique, nul autre de son temps n'a pu lui servir de type. Le plus parfait médium de nos jours, s'il m'est permis de me servir d'un langage qui nous est maintenant familier, n'atteint pas à la hauteur de ses genoux. Et pourtant, dans sa sincère humilité, iY n'est rien par lui-même. Écoutons-le sur lys autorités dont il est l'interprète et le serviteur. « Dans mon explication de l'Apocalypse, je n'ai rien mis du mien ; je n'ai parlé que d'après le Seigneur. » C'est d'après le Seigneur, ce n'est pas d'après sa raison qu'il écrit. Et le Seigneur avait prévenu saint Jean , rédacteur de l'Apocalypse, que les mystères de ce livre seraient un jour dévoilés ainsi. «. Le Seigneur avait dit par son ange à Jean (style du Nord) : Tu ne scelleras pas les paroles de celte prophétie, voulant faire entendre que l'éclaircissement de l'Apocalypse aurait lieu par la suite. »

Partout Swedenborg nous dit dans ses ouvrages : «Voici ce que ie Seigneur m'a révélé, v Je trouve peu

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