UN SONGE
là suppositions, erreurs et broderies : tout cela, né de cette prodigieuse fécondité de l'esprit humain, qui est sa gloire et son orgueil et qui se ferait admirer davantage si elle se mettait plus au service de la raison et do la vérité qu'à d'autres, tout cela, dîs-je, ne mérite pas un examen plus prolongé. Voyons donc ce qu'il y a de vrai dans cette affaire et pour cela écoutons le témoin le plus sûr, le mieux instruit et le plus véridique. Ce témoin, c'est évidemment l'homme qui aurait dû payer, si la quittance ne s'était pas retrouvée, le second époux de madame do Marteville, le bravo général d'E., qui est d'autant plus digne de notre confiance qu'il ne se montre ni l'ami ni l'ennemi de Swedenborg,
Le Voyant était mort depuis trois ans. Un savant ecclésiastique écrivit à madame de Marteville pour savoir ce qu'il devait penser de la fameuse légende. Madame de Marteville étant souffrante , le général , son mari , fit au ministre la réponse qui suit :
LETTRE DU GÉNÉRAL 1>'e.
« Tres-vén érable, très-savant et trfcs-honoré monsieur [<i L'aitHi!',
.< line indisposition prive ma femme du plaisir de répondre elle-même à la lettre do Votre Révérence et m'impose l'agréable obligation de vous raconter dans sa véritable connexion une histoire qui parait vous intéresser si vivement. De môme qu'il arrive difficilement un fait réel auquel le récit ne mfile pas d'inexactitude, cela est arrivé aussi à ce sujet. Voici le fait,