‹ Emmanuel de Swedenborg sa vie ses ecrits et sa doctrine par m. MatterChapitre 60 sur 179 · LA MERVEILLE DU SIÈCLE · texte numérisé non relu

LA MERVEILLE DU SIÈCLE

postérieures de Swedenborg, parce qu'elle y était néeessaire. Elle sortit d'ailleurs de sou expérience.

En effet, c'est ainsi que, selon sa relation, il eut avec des ptirsumic; vivant à grande distance des conloreuws qui: non* ne tarde nu is pas a rapporter.

Le général d'E., qui conte comme un homme de grand sens, ne parle que d'une seule des deux facultés extraordinaires de Swedenborg, de celle d'aller s'entretenir dans l'autre monde avec les défunts ; il n'aborde pas l'autre, celle d'y causer avec les esprits des vivants ou leurs images. Il nous laitïo mùmu iLiiorrr s'il en a entendu parler ou non; mais quant à la première, il ne semble pas la mettre en doute , puisqu'il accepte comme une chose hors de discussion le récit fait à sa femme par Swedenborg. Il semble même eu accepter les circonstances particulières , ou les faits secondaires , celui par exemple que M. de Marleville était sur le point do changer do toloiiio ot d'obtenir une orande amëlioration dans son état moral en passant dans une autre Station. Mais il y a évidemment une eonlradiction frappante dans le langage du brave général. D'une part il réduit le rôle do Swedenborg, 1:11 apparence, à rien; car c'esl un songe de madame do Marti'ville qui révèle la quittance; et d'antre part il appelle Swedenborg la merveille du siècle. Le fait-il d'une façon sérieuse, par vuie d'ironie ou par voie d'accutiiiuodatiuu à l'opinion générale '! Cola est difficile i dire ; mais s: ses lermes étaient ironiques, ion inconséquence n'eu serait que plus frappante. Car alurs il n'aurait plu; du Un.itif du tout pour croire , comme il le Tait, au récit de la visite rendue par Swedenborg à M. de Martevillc.

Peut-être juge-l-on le mieux de l'état du général en le menant sur la infime ligne que le correspondant de mademoiselle de KnoMorh, le métaphysicien Rant, qui s'écrie : Que peut-on objet ter en» fre h mdibilUê de ce fait? et qui poursuit n'a pu i fah'd'y croire de bien bon cœur, et sur la même ligne que le correspondant de l'impératrice Catherine II, le baron firimm, que nous entendrons s'écrier à son tour : Ce fait,.,., il est impossible de le nier, mais le Moyen d'y croire!

Ce qui nous l'ail un pou défaut à cet égard, ce n'est pas l'opinion des contemporains de Swedenborg, c'est celle de ses compatriotes, ses vrais juges. En effet, on ne voit pas suffisamment celle de la Suède philosophique représentée par f Université d'Iipsal et l'Académie do Stockholm. Tout le monde nous parle de Swedenborg, le roi, la reine, le premier ministre, les élels, le clergé, des généraux , dés conseillers de l'empire ; seuls les philosophes et les académiciens chargés d'éclairer tous les autres gardent le silence. Leur silence est-il nuire Leçon Su font-ils peuple et. nous traitent-ils de rois?

Dans le monde élégant et dans le monde politique, on fut charmé, sinon de ce qu'il y avait de sens droit et do simplieité raisonnable dans les écrits du Swedenborg, du moins de tout ce que sa vie , ses perceptions et ses visions cill'raient de neuf et de piquant. Les voix qui se prononcèrent dans ces deux sphères furent généralement pour lui. Ce ne fut pas la même chose dans le monde ecclésiastique. Le bruit que lil a (hitlienhonrg et à Stockholm i'lmtoire de l'incendie de ITo'J, attira l'attention de l'épiscopat de Suède. La discipline de

i'Kglibfi -uûiloiie était ré^éc avi'u vigilance i't pratiquée avec smipule. Or, on rem arqua il depuis quelq m; temps que l'illustre Voyant fréquentait peu les temples et négligeait les sapements. Dès 1700, doux évéques de sesamis lui eu parlèrent avec bienveillance. Il leur répondit : Que les pratiques religieuses étaient moins nécessaires pour lui que pour d'autres ; qu'il était eu communion avec les anges. Mais ils lui représentèrent, que si tout le monde en était persuadé comme lui, il n'y aurait rien à redire, et il sentit la valeur de cet argument. Au bout de quelques jours, voulant prendre la sainte cène, il demanda à ses vieux domestiques, à qui i! devait s'adresser, « ne connaissant, p;*s beaucoup les prédicateurs. » On lui nomma le premier chapelain de la paroisse. Il objecta h que c'était un fanatique et qu'il l'avait entendu tonner en chaire avec peu de satisfaction. » — On nomma le second chapelain, qui était moins couru. — « Je le préfère à l'autre, dit le Voyaut, car il prêche ce qu'il p'jnse. C'est pour cela qu'il s'est alii'i»; !a I )ï i ■ t : m ■ i I t.i n ce du puiilii: , commo o:la aimv dans ec monde. »

Nous donnons ces détails et ci:; propos parce qu'ils peignent l'homme, son peu de goût pour l'Églis.; établie et pour sa discipline, aussi bien que sa docilité personnelle, sa bonhomie relevée d'un peu de malice, et sa déférence pour ses vieux serviteurs.

En effet, il suivit leurs conseils. .

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