CHAPITRE Xlll
la légende dam la vie du Swedenborg. — Le droilile l'esjiriL ]iu;ii;iin a la k'gcnde. — Le diplonialc Oilermann. le poeie Wicloni], la mystique Yount; Slllllng. — Swedenborg revenant i la société. — Sa participai Ion aui Élala de 1761. — Son décourage mi' ul au dei intrigue) rarlemenlalres, ma éloigne muni des affaires publiques, la plus grande faute de sa vie.
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L'avertissement donné à Swedenborg en 1760 par doux évéques, et la docilité avec, laquelle il déféra à leurs conseils calmèrent le clergé de Suède au point de faire illusion à tout le monde, et à Swedenborg lui-même, d'autant plus aisément qu'il virait un peu plus à l'étranger que dans sou pays.- y ...
11 y comptait, en effet, sinon plus d'amis, du moins plus de lecteurs et plus d'enthousiastes.
Son nom se propageait de plus en plus en Europe, et sa personne y devenait toujours davantage l'objet de ces exagérations légendaires qui s'attachent à ceux dont la vie semble attester des i'aculfés surnaturelles et les écrits révéler des lumières extraordinaires.
Les deux événements merveilleux que nous venons de suivre, l'incendie de Stockholm vu et décrit à cin-
VOUHG.
quante lieues de dislance et l'entrevue cherchée avec M. de Marteville jusque dans l'aulre monde, eurent dans tous les pays du Nord un immense retenti s sèment. Il n'y a peut-être jamais eu d'événements de ce genre qui aient fait plus de bruit à la cour de Stockholm et dans le monde diplomatique. Les ambassadeurs se hâtèrent d'en écrire à leurs cours respectives, toutes avides dans ce siècle d'incrédulité defaitsaussi étranges. El si chacun de ces nouvellistes officiels si souvent à sec mit dans ses missives autant de circonstances remarquables que le ministre de Russie, le comte Ostcrmann, en sut mettre dans les siennes, on comprend que la légende bientôt ait été riche et belle.
Le comte avait d'ailleurs joué lui-même un rôle dans l'affaire en qualité de confident des embarras de madame de Marteville, et sa relation, quoique plus ample que celle du second mari de cette dame , mérite une singulière et mie réelle confiance.
À ce diplomate en succéda un autre, de qui Young- Stillingapprit des circonstances ignorées du mari de madame de Marteville et du comte d'Ostcrmann. En effet, le célèbre mystique nous apprend {Œuvres complètes, vol. XIII, p. 399) ce que jamais personne de Suède n'a dit ni su, c'est-à-dire que Swedenborg, quelques jours après les confidences de madame de Marteville reçues par le minisire russe, lit informer la veuve que son mari viendrait telle nuit, à minuit, lui indiquer l'endroit où il avait mis la quittance. Young ajoute qu'elle se résigna à soutenir cette redoutable entrevue sans l'assistance de sa femme de chambre, et que le défunt tint la parole donnée à Swedenborg.