LA POLITIQUE
des séances, il signala les réformes à tenter pour faire cesser des abus et redresser des griefs qui pouvaient compromettre la constitution et la tranquillité du pays. Dans le second il insista sur le respect et la conservation des libertés publiables. Il y montra In nécessité pour le pays de préférer l'alliance française à l'alliance anglaise, ceUe-ei n'étant plus possible depuis l'asservissement par l'Angleterre du Hanovre qui avait antérieurement appartenu à la Suède. 11 dépeignit fortement les maux des gouvernements despotiques, « qui donnent si libre jeu aux vices héréditaires du souverain, n 11 qualifia enfin l'absolutisme comme également injurieux pour le monarque et la nation. « Quant à celle-ci, div-il, il est contraire à la lai d'a^urd^' à qui que ce soit pouvoir arbitraire sur la vie ou la propriété; Dieu seul est notre Seigneur et notre maître, et nous ne sommes pas les propriétaires de nos biens cl de notre vie, nous n'en sommes que les administrateurs. »
Mais est-ce bien le sage Swedenborg, l'ami du roi Frédéric et celui du premier ministre qui parle ainsi, ou bien est-ce un ambitieux démagogue?
C'est bien Swedenborg, et voici à quelle hauteur il s'élève pour préparer bon accueil à ses avis.
« J'observerai que le gouvernement le mieux conduit et ie plus sage, est celui qui est actuellement établi en notre patrie; tout y est sagement disposé, tout y est prudemment uni comme en une chaîne régulière. »
«Mais aucune administration n'est exempte de fautes; chacune en commet même sans nombre, et, pour peu qu'on en eût envie, on pourrait en remplir des volumes entiers, b