‹ Emmanuel de Swedenborg sa vie ses ecrits et sa doctrine par m. MatterChapitre 80 sur 179 · LES PARISIENS · texte numérisé non relu

LES PARISIENS

préservées de tous côtés des machinations trompeuses et artificieuses des moines et du levain babylonique. Eu outre, tous les enfants des catholiques sont dans le ciel. Car, élevés par les anges ?ous les auspices du Seigneur, ils ignorent tout ce qui est daus la religion de leurs parents. »

Sévère pour les moines seuls, Swedenborg, homme du grand monde, fils d'évéque et parfaitement élevé, est très- convenable pour les papes ; mais il maltraite les saints comme les réformateurs.

La Vierge , bien entendu , est l'objet de ses respects les plus délicats. « Un jour, dit-il, Marie, mère du Seigneur, passa, et elle fut vue au-dessus de la tète en vêtement bianc; et alors, s'étant un peu arrêtée, elle dit, Qu'elle avait été la mère du Seigneur, et qu'à la vérité il était né d'elle, mais qu'ayant été fait Dieu, il s'était ' dépouillé de tout ce qu'il tenait d'humain d'elle; que

elle l'adorait maintenant comme son Jlicu, et ne voulait point que personne le reconnût pour son fils (à elle), parce que tout le divin est en Lui. »

C'est aussi avec une grande courtoisie que Swedenbord parle de sainte Geneviève.

« Il apparaît quelquefois aux Parisiens qui sont dans une société du monde spirituel une femme à une moyenne hauteur, avec un vêtement resplendissant et un visage de sainte, disant qu'elle est Geneviève. Mais quand quelques-unn d'eux =e in^Uuti- l'adoivi', sou visage aussitôt change ainsi que son vêtement, et elle devient semblable à une femme ordinaire. Alors elle leur reproche de vouloir adorer une femme qui , chez

ses compagnes, n'est pas plus estimée qu'une servante, et s'étonne, de voir les hommes du monde [terrestre] se laisser aller a de pon.ùlk'- uiLiUctiu;. »

Quant aux notions païeuues, te sont lus Africains qui préoccupent le plus la pensée de Swedenborg, « L'aurore se lève sur eux. 11 m'a été dit, du ciel, que de3 esprits angéliques dictent de bouche, aux habitants de cette partie de la terre, les choses qui viennent d'être publiées dans la Doctrine de la nouvelle Jérusalem sur le Seigneur, sur la Parole (il entend son traite" sur les saintes Écritures ] , et dans la Doctrine de vie pour la nouvelle Jérusalem. »

Qu'on comprenne Lien. Un a dit à SuYidi.'idio) 1 ^, dans lescieuxoudelapartduciel,queles anges dictaient aux Africains, « qui pensent d'une manière plus spirituelle que d'autres,» les enseignements qu'il venait de publier dans ses traités. Mais l' amour-propre d'auteur est-il donc faible à ce point , et la douce flatterie a-t-elle, même sur les esprits les plus droits et les urnes les plus vertueuses , de3 attraits tels que Swedenborg a pu se laisser aller à de telles suggestion? ? Quoi, unhomme tel que lui, qui se rit si franchement des enthousiastes et des visionnaires , a pu consigner dans un de ses écrits l'idée que les anges dictaient ses pages aux nègres originaires de !a zone torride ! Il vivait en Hollande : ses amis d'Amsterdam lui auraient-ils fait des tableaux idylliques dequelqucs populations voisines de leurs colonies du Cap , et sa féconde pensée aurait-elle traduit ces récits de la langue japhetique en idiome sémitique?

Mais revenons à l'état des nations réformées, après le jugement dernier de 1757.

Les plus égarés , dans le monde spirituel, et les plus mal menés, par conséquent , ce sont les quakers et les frères moraves. « D'entre les premiers , il en est de si stupidos qu'ils se croient l'Esprit saint... J'ai conversé avec leur fondateur (Georges Fox) et avec Guillaume Penn, ils m'ont dit n'avoir aucune part à ces choses...»

L'appréciation des frères moraves , qui clôt le traité , est plus sévère et plus erronée encore. Nous verrons qu'elle attira à l'auteur des représailles sensibles de la part d'un des membres de cette communauté.

En résumé, je dirai, avec une profonde tristesse, que ce traité si piquant et écrit avec un si rare talent de mise en scène touche un peu à la caricature; qu'il porte en partie le cachet des préventions personnelles de Swedenborg et se fait l'écho des jugements vulgaires de son temps , des injustices qu'affectaient les partis religieux les unspoùrles autres, et que, par ci, par là, il est aussi peu digne de son objet que de son auteur.

J'y trouve d'ailleurs des principes qui répugnent au sens évangélique comme à la raison , surtout cette bizarre idée, de parquer les chrétiens jusque dans l'autre monde et d'y séparer les catholiques et les réformés comme on fait dans nos cimetières de campagne, enfin d'y loger les réformés eux-mêmes, non pas selon leurs affinités spirituelles, mais selon leurs nationalités terrestres.

J'y trouve aussi d'inexplicables lacunes : pas un mot de l'Église de Suède, de celle de Danemark, de celle d'Allemagne, fractions dont le rôle était, dans le monde spirituel, si je puis m'y porter sur les ailes de mon Voyant, ausai important peut-être que celui de l'Église

Dnitcca Dy Ci

LAMOUIt CONJUGAL,

d'Angleterre ou de l'Kgliso de Uollaiide. J'ignore pour quelles raisons Swedenborg n'en n pas parlé.

Le dernier des six traités d'Amsterdam a pour objet /'Amour divin ci In sr/yesse divine. La bannière sous laquelle il fut pub'ié est celle la Sa/jcssc tmrjclique. Swedenborg ne veut pas prendre sur lui de parler de ces matières en son nom seul : c'est la sagesse des anges qu'il consulte sur l'amour et sur la sagesse de Dieu.

Au surplus ce n'est pas la seule fois qu'il parle au nom de la sagesse angélique', et il donnera la même origine à son traité sur les Délices de l'amour conjugal, dont nous aurons à parler. Disons dès maintenant qu'il était juste et digne d'un théosophe de grand sens, de prendre à la même source le plus pur amour humain et le plus grand amour divin. Mais ajoutons qu'il a fallu 'toutes les ressources du génie de Swedenborg pour développer, sous autant de formes et avec autant d'attrait, celte thèse fondamentale de son livre : L'Amour est la vie de fhomme. Car ceci n'est plus un simple traité, c'est un livre. L'auteur y espose sa haute ,théosophie, ses idées les plus spéculatives et les plus symboliques sur Dieu , principe de la chaleur spirituelle ou de l'amour. Ce soleil intellectuel est la vie de la vie de l'ame;parlaraison[que son amour et sa sagesse régnent dans notre volonté et dans notre entendement.

C'est ici encore que Swedenborg expose cette théorie, que l'amour est la volonté et que l'amour, qui est la volonté, ne peut, par sa forme humaine, faire aucune chose sans un mariage avec la sagesse, qui est l'intelligence.

Dans nos langues modernes, et en français surtout, cette terminologie théosopbiquc est si rare que l'idée

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