LES TABLETTES
L'idée première du Journal remonte à l'année même de sa grande vision, celle de 1743, qui fut immédiate- 4 ment suivie de sa résolution de se consacrer a son œuvre. J'ai dit que cette œuvre était la mise en lumière du sens spirituel et du mm» réh-xla des fin/ex ïù-nlwes dans le monde entier. N'oublions pas eette circonstance , elle seule nous explique ces deux choses : l'emploi constant qu'il fit de la langue latine et l'habitude qu'il prit d'adresser ses volumes ou ses lettres à toutes les universités qu'il pouvait aborder. Aussitôt après sa vocation bien comprise, Swedenborg, s 'étant procuré cinq à six des meilleures éditions des textes sacrés, apprit l'hébreu, qu'il ne savait pas et reprit l'étude du grec, qu'il possédait mal. 11 commença ainsi la lecture approfondie do la Bible et nota, pour lui seul, sur des cahiers-brouillons auxquels il donnait le titre de Aduersaria [tablettes], ce qu'il tenait à ne plus perdre de vue dans ses travaux ultérieurs. » Comme un très-fin observateur de la nature ou un sérieux chasseur, dit l'éditeur de ces pages intimes, M. Tafd, il écrivit avec fu'aude exactitude ce que chaque jour il expérimentait ou apercevait dans le monde des esprits et dans le ciel. En s'appliquant à rédiger avec soin ce qu'il sentait ou jugeait dans les
questions intérieures il répéta souvent les mêmes
expériences et décrivit les mêmes acquisitions. »
Commencées en 1745, les Tablettes vont jusqu'au 9 février 1747, et embrassent les études interprétatives de Swedenborg sur les livres de Moïse, celui de Josué, ceux des Juges et des grands prophètes.
Ces travaux, on le sent, ne sont ni ceux d'un philologue consommé, ni ceux d'un grand docteur en théo-