‹ Emmanuel de Swedenborg sa vie ses ecrits et sa doctrine par m. MatterChapitre 85 sur 179 · LE JOURNAL · texte numérisé non relu

LE JOURNAL

logie, ce sont ceux d'un étudiant qui apprend l'hébreu. Mais ils sont éclairés , d'abord par cette illumination intérieure qui est le privilège de l'illustre appelé, et, ensuite, par cet ensemble de ebosesquilui sont montrées dans ce qu'il appelle ses perceptions ou ses visions, perceptions ou visions qui le renseignent sur les idées du monde spirituel de la façon la plus intuitive dans les régions célestes elles-mêmes.

Comme ces études ne sont toutefois que les débuts de sa mission, que des études, ne nous y arrêtons pas.

Au bout de deux ans Swedenborg change deraélhode. Aux Tablettes il fait succéder un Journal dit spirituel, qu'il continue jusqu'en ITtS.'i ; de sorte qu'ensemble le Journal et les Tablettes embrassent un espace de vingtans. Les autographes, déposés à la Bibliothèque de l'Académie de Stockholm, qui a reçu eu 1772 tous les paon!, été cou liés iiu snviittf. qui' nous vriiun- do noivimcr et pariuipubliés avec une fidélité au-dessus de tout éloge.

Mais ceux qui chercheraient dans ces pages une lecture facile, soit des anecdotes de revenants qui donnent le frisson, soit des contes arrangés avec art et embellis de tout ce qui peut plaire aux imaginations exaltées, se tromperaient étrangement : tout y est grave et religieux. Le sujet des premières lignes qu'on y lit, c'est La terreur soudaine que ceux clos esprits qui ont tenu une mauvaise conduite dans celte vie éprouvent en arrivant dam l'autre, les humiliations où ils tombent et le sot orgueil qu'ils reprennent bientôt, se croyant seuls au ciel.

«C'est ce que j'ai vu aujourd'hui, 9 octobre 1747,

vieux style, » nous dit Swedenborg. — Mais comment ces insensés se laissent-ils aller à l'idée qu'ils sont seuls au cielîEts'ils s'y croient seuls, à qui montrent-ils leur sot orgueil ? Comment Swedenborg a-t-il vu tout cela? En esprit? En extase? Eu réalité? Dans une excursion faite aux régions supérieures ? — C'est ce qu'il ne nous dit pas, par la raison sans doute qu'il n'écrit que pour lui, que pour soulager sa mémoire, et qu'il n'a donc pas besoin de répondre à nos questions.

Ce sont toujours des sujets de ce genre qu'il aime à traiter dans chacune de ses notes, qui tantôt sont d'uno fort sèche brièveté, tantôt d'un développement considérable. Les sujets qu'il préfère, ce semble, ce sont la pensée et la situation des diverses classes d'anges et les communi fins des Esprits avec les hommes. Mais les sentiments des méchants à la vue du bonheur des bienheureux, les études des enfants au ciel, la nourriture et la boisson (l'amour de la parole et l'amour de la science) des esprits et leurs plaisirs, le préoccupent à leur tour, et il dépeint avec étendue jusqu'à l'ardeur des mauvais génies à tourmenter les hommes.

Dans les premiers temps, il lui arrive de faire succéder à ces questions générales une note sur la conjugaison du verbe hébraïque, comme cela est naturel à un écolier.

Mais cela est rare , et Swedenborg revient vite aux esprits et aux anges, à leur influence sur nos pensées ; a leur manière de prendre connaissance de ce qui nous regarde, nous et le monde ; à l'origine du mal, qui a sa naissance dans l'enfer; à des questions de philosophie traitées avec !es esprits elles anges; à l'état des damnés,

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