‹ Emmanuel de Swedenborg sa vie ses ecrits et sa doctrine par m. MatterChapitre 88 sur 179 · LES VISITES · texte numérisé non relu

LES VISITES

part, sur ses facultés, ses études et son instruction; sur ses préventions de nationalité, de religion. et d'éducation; sur ses sentiments, ses mœurs et ses passions; — j'ai pris là, dis-je, sur tout cela, des idées que ne m'avaient pas données ses autres ouvrages. Qui veut lire ceux-ci, s'en facilitera donc l'étude approfondie d'une façon merveilleuse en lisant d'abord le Journal. Car ce journal est naïf, malgré les hardiesses et les témérités de l'imagination', riche, malgré le retour perpétuel des mêmes questions; varié, malgré les étonnantes répétitions des mêmes enseignements.

En effet, quoique certains sujets reviennent sans cesse, le monde de Swedenborg est si vaste qu'il n'est rien que son esprit n'aborde, et cet homme qui met sa pensée à la place de tout ce qui est reçu dans la chrétienté depuis dix-huit siècles, sait tout traiter avec intérêt. Cette universelle érudition qu'il possède seul de son temps, et cette inépuisable fécondité d'idées qu'on admirerait beaucoup plus s'il se répétait moins, ne lui font jamais défaut; ses répétitions clles-mûmes atteslent plutôt l'importance qu'ilattacheàses idées etàsousens, que la pénurie de sa pensée. Du moins Swedenborg aurait toujours du neuf à noter, s'il le voulait ; s'il ne

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pas assez net ni assez complet jusque-là.

J'ai dit qu'il a tous les habitants des deux et des enfers à visiter et toutes les nations de la terre à étudier et à décrire. En effet, il visite sans cesse des multitudes d'esprits et d'anges; ceux de tous les rangs et de tous les ordres viennent pour le visiter : il lui en arrive de mauvais comme de bons, de frivoles et de moqueurs,

comme de purs et de saints; il en vient qui s'obstinent à vouloir forcer sa porte sans y réussir. Il en connaît dont d'autres théosophes ou théurgistes , très-avancés pourtant, ne savent rien. Il consacre, par exemple, plus de vingt articles aux sirènes féminines ou masculines, dépeintes les unes comme les autres avec tout le dédain qu'il ne se lasse pas de prodiguer à leurs perfides séductions. 11 connaît des classes entières d'esprits qu'il traite de tout* la hauteur de ses mépris, qui le harcèlent, le taquinent et l'incommodent de la mauière la moins convenable, qu'il rudoie et malmène de la bonne façon quand ils ne veulent pas s'amender ou se laisser instruire. Ce .qu'il aime et recherche, ce semble, c'est de converser avec les habitants des planètes. Il étudie leurs mœurs, passe avec eux des semaines entières et les dépeint comme un homme dépeint ses voisins de campagne, ses amis les plus intimes. Son domaine s'étend plus loin que ce qu'il appelle les terres de notre système solaire. Il va bien au delà. J'ai dit que les deux et les enfers lui sont ouverts : le ciel intime, les régions les plus hautes et les plus basses, comme les moyennes. Il y voit tout ce qui l'intéresse et aborde tous ceux qu'il connaît par l'histoire comme ceux qu'il a connus dans le monde.

Pour faciliter au lecteur l'aperçu de rapports si divers, classons un peu ses amis et ses connaissances, célestes ou non. Ce sont ;

1° Les dieux et les déesses de la Grèce.

2° Les philosophes et les poètes les plus célèbres de l'antiquité.

3° Les patriarches, les prophètes et les apôtres qui méritent une attention spéciale.

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