LE CONFESSEUR
notre point de vue. Il te note au sien et nullement sous sa forme la plus attrayante, la mieux appropriée au goût du lecteur. Au contraire, il ne nous offre souvent, pour ce qui est des choses vues, qae des traits généraux, et pour les choses entendues , que les idées qu'elles ont fait naître dans son esprit. Encore n'est-ce d'ordinaire quele premier jet, les rudiments, qu'il consigne sur son papier. Les ouvrages de doctrine qu'il élabore et publie d'après ses études et ses visions , offrent souvent ces mêmes choses sous des formes beaucoup plus séduisantes, bien développées, bien élucidées, embellies avec ce soin et avec ces attentions qu'on a pour soi-mémo quand on se produit dans le monde. Si bien que, en lisant Swedenborg, il no faut jamais oublier, pour être juste à tous les points de vue, à celui des négligences do style comme a celui des libertés de langage, que ce journal est un confesseur' intime. L'auteur a bien l'air d'y parler par ci par là à des lecteurs ; et quand il se cite à lui-même ce qu'il a déjà écrit plus haut sur un sujet, on dirait bien que c<:- nY.-f. p;-^ du toi;t pour lui , mais pour ses amis qu'il le rappelle. Cela est très- vrai. Cependant, il ne songe pas un instant à publier ces notes, et il s'y dit à lui-même tout ce qu'il trouve bon de se dire. C'est d'ailleurs précisément dans le sans-façon d'une confession intime ou d'un entretien avec lui-même que consiste le grand mérite du confesseur; car d'ordinaire ce miroir nous montre Swedenborg, ses idées , ses visions, ses rêves et ses demi-rêves, sans autre toilette que celle qu'on fait ou plutôt qu'on ne fait pas pour soi-même.
Aussi, pour mon compte, j'ai pris là, sur ce qui distingue cet homme de tout autre ; sur son organisme à
Dnituca Cy Ci!