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ainsi on me fera ^bisir de porter l'épée puisqu'on en a une.
— Em. Une des maximes que mon)>on père m^a le plus souvent répétées, est que, dans les clH>ses indifférentes en elles-mêmes , et qui ne nous donnent qu'un peu de peine ou de gêne, il ftut toujours céder, et faire ce qur fait plaisir aux autres ; ainsi je tous promets , M. le recteur que tous ne me Terrez phis sans épée.
— Lerbct. Je n'exige pas cela, mon ami ; îl me suffit qu'on la porte de temps en temps ^ mèûl jour par semaine , qu'on fasse les atutres jours comme onTôudra,:
— Em. Ce que je Voudrai tous les jours , est de fslire ce qui tous ùài plaisir. - Mais à mon tour j'ai une grade à tous deinânder.
. ~, Li HÈfeT.' Pàflé« i iuon clier
eiïft/iit , *jue meTèut^?^ ic^/i.
COVKS n% MORALE. 167
•~ Ek. Que TOUS me traitiea en effet comme TOtre enfant^ que tous me tutoyiez / que vous m'appeliez TOtre fils. Mon pèire vous a donné tous ses droits sur moi ^ parlez-môi comme il me parlait.
Le recteur attendrisse serra dans ses bras , et le lui promit avec une émotion Traiment paternelle ; chaque jour il s'^attaoh^t à ce jeune homme , il en TÎntà ne pouToir presque plusse passer de lui ; fl lluTitaittous les soirs et le menait avec lui chez tous les sa« Tans et les hcnnmes de lettres que sa fdace r^)li§^aît à fréquenter ; il eu résulta que leieai*actèred'£ifeLmerich^ natareUement sérieux et réfléchi^ le deTint efeLOictte davantage par sa liaison intime et journalière avec un vieillard de ^iiicante-huit ans , et des sàvans. àpeui^rès An même âge. îl
^ ja&eependaot cliez M. Bornwdd^
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une société jbien différente, c'était ce qu'on ajJpcllele be^u monde ^ cet honnête négociant,) généralement estimé et considéré , immensément riche , ayant obligé de i^â bourse ou de son crédit, une foule de gens titrés, qui avaient intérêt à le ménager, recevait- la.viBe et la cour.
Son commerce, qui s'étendaitauloin, attirait chez lui les étrangers j le bon accueil qu'on en recevait, et son excellente table faisaient qu'il ne manquait jamais de convives des classes les plus relevées ^ipja attachât d'autant plus de prk Jt iwn amitié >{u'il était sans exeisaple qu'il eût fait usage des créances -méme^assess fortes, qu'il avdS4; €«itee les mains,
Ï>oiir chagriner qui que ce fût : seuement de tetnps en temps, il en donnait uneà :quél<|u^' î^oucse de pauvres; àiiela j^cè^> Sissnoinikeux
COURS DE MORALE. ^6g
débiteurs pouvaient dormir Iran- <]uilles y sûrs de n'être pas inquié*« tes } ils lui en témoignaient leur reconnaissance en le traitant comme leur égal , et en lui faisant l'honneur d'accepter ses bons dîners.
Emmericb pouvait donc trouver là des modèles pai^faits d'élégance et de fatuité ; il pouvait apprendre ' à outrer les modes les plus ridicules; à persiffler avec grâce , à répondre à un raisonnement ou à une critique par un calembourg^ ou par un ju*»
rement; à médire avec esprit, k calomnier avec effronterie , à serrer lé main de l'ami qu'on voudrait étouffer, à perdre de réputation la femme qu'on adore , à se vanter des succès qu'on n'a pas, à se croire le premier homme du monde , parce qu'on a de jolis chevaux et des bijoux de prix; a décider en demiei*
^JO BMMEHICH^
rassort de ce qu'on n'entend pas ; k juger le liyre qu'on- n'a pas lu ^ et la pièce de théâtre qu'on n'a pas écoutée^. sans parler de mille petites gentillesses en usage dans le monde poli y comme de tourner sur le talon quand on vous salue ^ de fredonner le Taudeville du jour quand on vous parle ^ d'achever sa toilette à toutes les glaces^ etc.^ etc. Tout cela fui perdu pour Emmerich ; il regarda , il écouta^ et sourit de pitié; mais, ,au milieu de toute cette fi-ivolité , il remârquâ^^ avec une sincère admiration , le ton noble et distingué de quelques seigneurs dont l'éducation ^yàft été mieux soignée , bu dont la \ tête était mieux organisée. Il les entendit avec un extrême plaisir parler de littérature , non pas avec le profond savoir et la pédanterie du recteur ; mais avec un jugement
COURS Dt MaRÀLE. a^ji
sain y éclairé^ et un goût parfait; de politique ^ avec des connaissances réelles y et le désir d'être utile a leur patrie; du militaire^ avec cette fleur d'honneur^ cette antique bravoure qui dis^îi^gue la noblesse dans tous les pays ; il apprit qu'elle n'était pas toujours le soutien du despotisme, et surtout du despote ; que ^ lors* qu'elle forme un corps , elle peut être un contrepoids nécessaire entre le souverain et le peuple ; car ^ dans les autres monarcbies^ la noblesse , pour se servir de l'expression de Boursault ^ n'est qu'un jeton auquel le souverain attache la valeur qu'il veut. Emmerich apprit donc, dans les dîners de son ami Boiiiwald^ à faire cas d« la noblesse véritable ^ de celle qui est non - seulement dans les titres^ mais aussi dans le cœur et dans la conduite j à mépriser' ces
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titres lorsqu'ils appartiennenl à l'orgueil et à la sottise j et enfin à être convaincu qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un nom pour servir sa patrie de sa tête et. de son épée.
A plusieurs égards , il n'était pas ^leaucoup plus satisfait de la société gavante qu'il trouvait chez le recteur; il s'en fallait infiniment que tous ces personnages savans eussent pour lui le même attrait que son bon instituteur, qui rachetait , par une extrême bonhomie et mille vertus réelles, son pédantisme scientifique. Emmerich vit chez lui des jgens de lettres de toutes les espèces, qui n'ignoraient rien , excepté qu'ils étaient insupportables ; il vit des hommes de loi qui , après s'être injuriés le matin dans les tribunaux , buvaient et jouaient le soir ensemble, «n semoquaut du client condamné j
4ès médecins sûrs de leur science incertaine , n'ayant qu'un remède qu'ils dcmnçnt à tons leurs malades ^ se vantant de ceux qu'ils avaient guéris; et ne parlant jamais de ceux qu'ils auraient tués ; des philosophes sans logique ; des mathématiciens sans bon sens; des professeurs qui lisaient le soir la leçon du lende-^ main ; des ecclésiastiques qui met-* taient la religion en métaphysique > et qui auraient volontiers mis la moitié du monde sur des bûchers et des échafauds y pour gouvemerf Vautre moitié, et soutenir leur système. Tous c^s messieurs n'étaient d'accord que sur un seul point ^ chacun d'eux se croyait le seul habile , et méprisait tous les autres.
Emmerich , qui n^avait de sa TÎe entendu , parler de transsuè-^ stantiation , de péché originel ^ d^