‹ Emotion et Troubles Toniques ParoxystiquesChapitre 12 sur 46 · VARIATIONS AFFECTIVES DU TONUS CHEZ LE JEUNE ENFANT · texte numérisé non relu

VARIATIONS AFFECTIVES DU TONUS CHEZ LE JEUNE ENFANT

Chez l’enfant nouveau-né, les variations du tonus post-émotionnelles seront influencées dans leur fréquence et leur intensité par les caractères propres de la motilité infantile. Durant les premiers mois de la vie, existe une tendance marquée au spasme musculaire : MINKOWSKI note une « hypertonie des extrémités, une tendance à la contracture, les mouvements de gigotement, choréiformes et athétoïdes, la variation, l’irradiation et la généralisation des réfiexes (moindre que chez le fœtus mais bien plus forte encore que chez l’adulte. BERSOT) ». Ces caractères ajoute-t-il, et d’autres phénomènes donnent à la motilité du nourrisson ce caractère de vivacité, mais en même temps d’incoordination et d’inconstance.

L'apparition des réponses toniques aux excitations affectives semble précoce. STERN aurait observé dès le deuxième jour, le sursaut à l’occasion d’un simple bruit (WALLON), observation discutable selon PICHON, car à cette période la myélinisation des fibres acoustiques n’est pas faite. Puis le premier geste après le sursaut semble un geste de peur, l’enfant dans la baignoire lance les bras en avant bien que n'ayant ni expérience, ni notion du soutien. Ces réactions ont une tendance nette à la diffusion : VAN WOERKOM note également chez le nourrisson leur apparition dans les premiers jours qui suivent la naissance et il remarque qu’une excitation douloureuse pendant le sommeil provoque une secousse en masse (flexion des jambes, élévation des bras). Ces mouvements sont désordonnés, ne tendent à

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réaliser aucun but précis, et n’ont pas en particulier, l'apparence de mouvements de défense, sauf à l’excitation de la partie distale des jambes. Plus tard, ces mouvements affectifs, sans but, ni coordination disparaissent tandis que se développent dans le courant de la première année les mouvements volontaires en vue de réaliser un acte, qui sont d’abord des mouvements de préhension de la main et de porter à la bouche.

Les réactions affectives sont-elles différenciées selon la nature et le sens des excitations ou bien sont-elles frustes et uniformes ? WATSON observa les réactions émotives des nouveau-nés, leur évolution et l'apparition de réactions nouvelles. Il crut pouvoir isoler trois réactions émotives originaires colère, peur, amour. Les modifications toniques dues à la colère en particulier, semblent caractéristiques. On peut provoquer la colère par inhibition des mouvements, immobilisation de la tête par exemple; elle se manifeste par un raidissement immédiat du corps, des cris de plus en plus forts, des réactions viscérales violentes; finalement après quelques instants, la bouche est grande ouverte, le visage noir. Dans les deux autres réactions, on observe pour la peur déclenchée par un bruit fort et soudain, la perte de support, etc. un brusque arrêt respiratoire, une modification du rythme cardiaque, des cris, des mouvements des mains; dans la réaction d'amour favorisée par les caresses, le chatouillement, se produisent l'extension des doigts et des orteils, des vocalises, un sourire. Les autres excitants sont inefficaces chez le nouveau-né et ne pourraient acquérir d'action que plus tard par un conditionnement.

Mais les observateurs ultérieurs n’ont pas confirmé ces données et il ne semble pas exact qu’une différenciation aussi nette puisse être établie entre les réactions affectives du nouveau-né. D'une part, PRATT, NELSON et SUN n’ont pas pu provoquer infailliblement la colère par inhibition des mouvements des bras dans deux pour cent seulement des cas se produisent des réactions de défense, chez les autres enfants, il n’y a pas de réponse dans 59% des cas; on obtient un effet calmant dans 25 % et la flexion des bras dans 14 % des cas. D'autre part, SHER- MANN observe chez des enfants de moins de huit jours des réac-

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tions émotives indifférenciées à de multiples excitations (faim, inhibition des mouvements, perte de support, piqûre).

STOFFELS, au travail duquel nous empruntons les renseignements précédents, a étudié spécialement chez 150 enfants la colère et recherché le raidissement décrit par WATSON au moment de l’inhibition des mouvements de la tête. Il a confirmé qu’il n'existait pas de réaction coléreuse spécifique, tous les excitants désagréables ayant les mêmes effets. Le raidissement de WATSON est rare et de courte durée.

Toutefois, WALLON a observé que les réponses toniques étaient différentes suivant que l'excitation avait un caractère affectif agréable ou désagréable.

Dès la naissance, un état de satisfaction, de bien-être favorisé par la têtée, un bain tiède, une iumière modérée, provoque l'ouverture des yeux, l'élévation des commissures labiales ‘comme pour une ébauche de sourire, et finalement de mouvements de pédalage des pieds dans le vide. « Il semble, dit WALLON, que le visage et le corps se soient dilatés sous une vague de tonus et qu’elle s'écoule en mouvements dès qu’elle atteint un certain niveau de telle sorte qu’il y ait équilibre constant entre l'excitation et le tonus, le tonus et les décharges musculaires ».

Au contraire, les sensations pénibles, faim, froid, humidité, sommeil, incommodité d’une position provoquent un spasme parfois généralisé : occlusion des paupières, crispation de la bouche, cris. Spasme et douleur, dit l’auteur, semblent unis, … l’hypertonus est cause de malaise, à moins qu’il ne trouve à se résoudre en manifestations équivalentes d'activité. Chez le petit enfant, l’activité motrice et sensorielle est des plus pau- - vres, tandis que la fonction tonique est prépondérante. Double raison pour que des spasmes et des réactions de souffrance se produisent dès que l’excitation est par son degré ou sa nature de celles qui ne peuvent se liquider à l'instant en activité musculaire ou perceptive. Quand l'enfant est âgé de quelques semaines, une excitation brusque (son violent) ou trop prolongée (chatouillement) déclenche le spasme généralisé du début: et

quelques mois plus tard, lorsque l'enfant cherche à saisir les

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