AS
variété de joie passive, DUMAS se refère à l'observation faite par JANET chez sa malade Madeleine : la joie ne s’accompagnait chez elle d'aucune activité motrice, ni d'aucune réaction organique bien que la malade, immobile dans l’extase, ressentit en même temps une sensation de force et de puissance. L'examen de ces sujets a montré un léger ralentissement des grandes fonctions vitales, les mesures dynamométriques indiquent une légère diminution de force musculaire.
La colère
La colère provoque généralement chez l’homme une augmentation de l'activité motrice et du tonus: c’est la colère active qui est la plus fréquente, l’apparente coordination des mouvements et des gesticulations a pu faire confondre la colère avec une manifestation de l'instinct d'agression.
Nous avons vu que chez le tout jeune enfant, WATSON avait tenté d'isoler une réaction de raidissement spécifique de la colère, ses observations n’ont pas été confirmées uitérieurement. Mais chez l'enfant un peu plus âgé peut se produire un spasme généralisé lors de la colère : outre des perturbations toniques diverses, tremblement, contracture, convulsions, un blocage de l’activité cinétique ou phasique peut avoir lieu, écrit WALLON qui ajoute : « l'enfant tombe en pamoison, les membres raidis, le thorax immobilisé, le visage asphyxique. Il est tiré de cet état par des excitations périphériques, de préférence une fessée. Cet hypertonus pathologique chez l’homme, ajoute-t-il, est à rapprocher du réflexe d’immobilisation des animaux ».
Chez l’adulte, les manifestations motrices prédominent. Rapportons-nous ici encore, à la description de LANGE : « l’augmentation de l’innervation dans les muscles volontaires est manifeste : d’où la tendance à des mouvements trop rapides et trop forts. Au lieu d’être alerte et léger, comme l’homme joyeux, l’homme en colère bondit, ferme les poings, agite les bras autour de lui; il fait de grands pas, il serre les dents, il tousse, il fulmine, il hurle de rage. Tandis qu’on peut se contenter de mai-