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cas de l’épilepsie réflexe. CRICHTLEY s’est attaché à l'étude des formes sensitives et sensorielles, nous utiliserons son travail. Le mode d’excitation est variable avec les malades, mais il est souvent constant pour un même sujet : il peut être tactile (contact inattendu, entrée dans un bain froid..), auditif (bruit de porte fermée, éternuement, coup de sifflet, claquement de mains), visuel (lumière vive). Chez certains malades le stimulus varie, mais la surprise joue chaque fois un rôle essentiel, « (l’élément de surprise est d’une grande importance, dit CRICH- TLEY à propos de l’épilepsie acoustico-motrice; un bruit attendu si fort qu’il soit ne provoque pas d'accès) »; le bruit doit être soudain et imprévu du sujet. CRICHTLEY répète la même remarque à propos des excitants tactiles qui sont sans effet si le malade les prévoit, nous rapportons ici l’essentiel d’une observation de MARCHAND et AJURIAGUERRA dans laquelle le rôle de la surprise est évident :
« La malade de 21 ans présenta les premiers accidents à 11 ans. Au bout de cinq mois les crises, qui jusqu'alors survenaient sans cause provocatrice apparente ne se produisirent plus qu’à la suite de stimuli extérieurs à caractère bien défini : à la suite d’une piqûre au cours de travaux de couture, d’une brûlure au cours du repassage, d’une éclaboussure d’eau très chaude sur les mains ou d’eau froide sur le cou ou le visage. Comme autre cause déclenchante nous citerons un choc brusque, par exemple, en buttant brusquement contre un trottoir, un arrêt inattendu d'autobus, des douleurs intenses (pincement des doigts dans une porte, morsure de la langue en mangeant), des bruits subits et forts (éclatement de pétards), le choc cutané produit par une jarretelle qui se détache. Les excitations extérieures ne présentent une valeur déclenchante que lorsqu'elles sont brusques, inattendues, soudaines. Elles n’ont aucun effet en dehors de l'élément surprise. Les chocs affectifs importants, tels que joies, mauvaises nouvelles, rire ou pleurer n’influencent nullement les crises. Les accidents ne se produisent pas nécessairement à la suite des excitations qu nous venons de citer et même, à certaines périodes, celles-ci sont sans effet ». Cette malade, qui a subi un traumatisme obstétrical important et présentait des convulsions dans les
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jours suivant la naissance, a des attaques qui rappellent celles de l’épilepsie bravais-jacksonnienne. On trouve chez elle des signes d'atteinte pyramidale à droite en particulier (hyperréflec- “ivité ostéo-tendineuse, hyperextensibilité du poignet droïf .
Ce cas est superposable à plusieurs observations de l’article de CRICHTLEY. Celui-ci souligne l’action déterminante du facteur affectif, et rapproche de la crise épileptique provoquée par un bruit soudain le sursaut qui se produit dans les mêmes circonstances chez les individus normaux et que STAUSS a étudié cinématographiquement. ;
Une autre remarque s'impose à son sujet : la présence de symptômes neurologiques. CRICHTLEY souligne la fréquence de lésions organiques graves dans les cas d’épilepsie réflexe; en particulier les excitations acoustiques peuvent déclencher la crise chez certains malades atteints de lésions temporales et dont la crise est parfois annoncée par une aura acoustique (un cas de CRICHTLEY, tumeur temporale, un cas de FOERSTER de cicatrice temporale). Un malade de ROSENHAIN qui avait des crises par excitations tactiles des doigts était atteint d’une tumeur pariétale.
L'auteur appuie de ces faits l'hypothèse pathogénique suivant laquelle les impulsions afférentes agissent sur un groupe de neurones et provoquent ainsi le paroxysme épileptique; mais ces neurones sont en état d’hyperexcitabilité par suite de la lésion organique; sans atteinte du système nerveux central les excitants extérieurs resteraient probablement sans effet.
CRICHTLEY, à propos de l’épilepsie acoustico-motrice, a étudié quelques cas d'attaques épileptiques provoquées par l'audition de musique, étude qu’il a reprise ultérieurement. L’épilepsie musicogénique est rare. CRICHTLEY en compte une vingtaine de cas, personnels et dans la littérature. Toutes les formes de crises peuvent être observées, elles ne suivent pas instantanément le début de la musique, mais se produisent seulement après quelques instants. Nous résumons la première observation : de CRICHTLEY :
< Une femme de 25 ans était sujette à de grandes attaques d'épilepsie depuis plusieurs années. A l'exception d’un ou deux
KR, SE
accès isolés, la musique avait provoqué chaque accès. Elle pensait que la musique classique était plus dangereuse pour elle que la musique de danse, bien qu’elle fut incertaine à ce sujet, n’ayant que peu de connaissances musicales... Elle fut hospitalisée, on lui fit entendre un phonographe; à l'audition d’un premier disque de musique de danse, elle fit remarquer qu'aucun accès ne se produisait avec une telle musique. Une valse de TCHAÏKOWSKY, jouée par un orchestre symphonique fut alors placée sur le plateau. Après quinze secondes environ, son visage changea d'expression: la respiration devint pénible, des mouvements grimaçants de la face se produisirent et furent suivis d’un accès épileptique typique. Après l’accès, présence d’un Babinski. La phase d'obnubilation passée, elle décrivait aïnsi l'accès : « dès le début du deuxième disque, tout me sembla à « l'envers, mes bras et mes jambes se refroidirent en partant « des extrémités. Je grimacais, car je n'aime pas cela, j'essayai « de lutter. Je ne sentis ni goût, ni odeur, ni sensation désagré- « able. L’engourdissement s’accentua, il me sembla que j'allais « mourir, je n’entendis plus rien et perdis conscience. »
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Ainsi, même chez cette malade assez ignorante en musique, une seule espèce de musique peut déclencher la crise; il en est de même dans la plupart des observations; ou bien l'effet convulsivant est déterminé seulement par un instrument particulier : violon (REDLICH), piano, instrument à vent. Lorsque les malades, comme il est fréquent, connaissent bien la musique, des particularités plus fines sont remarquées; le malade de BECHTEREW, NIKONOV, qui était critique musical, note, dans son auto-observation, qu'il craignait davantage la musique violente que la faible, les instruments à vent que ceux à corde, le violon faisait exception, la musique instrumentale plus que la vocale, la musique légère et bien rythmée plus que la musique lente; la musique de danse et de marche était insupportable. »
Un air déterminé qui a produit la première crise, peut déclencher les crises ultérieures, à l'exclusion de tout autre morceau (KATCHACHOFF). Le malade de NIKITIN, avait des accès, non seulement à l'audition, mais lorsqu'il chantait ou même se représentait mentalement un air unique.
Tout au contraire. le malade de MERRZHAWSKY avait des cerises à l'audition d'un air inconnu, qui cessait de produire le même effet lorsqu'il était familier au malade.
Les malades peuvent se défendre des crises en détournant leur attention et en évitant d'écouter la musique.
Comment expliquer ces faits, un état émotionnel lié à l'audition de la musique est-il responsable de la erise ? Certains airs de musique ont une charge affective parce qu'ils sont associés
à des souvenirs pénibles : La malade de LWOFF et PAILLET mes des crises d'épilepsie Bravais-Js acksonienne lorsqu'elle entendait ln Merseilleise depuis le jour où elle avait assisté à l'exécution d'un communard par les Versaillais; la vue du sang et d'un régiment avait le même effet. °
D'autre part certains sujets sont plongés par l'audition de la musique dans un état émotif incontestable. Divers auteurs admettent que cet état est eanse de la crise épileptique (KNAPP, GOLRETEIN). CRICHTLET reste très évasif sur cette question : il est en effet diffieile, dit-il, de distinguer l'émotion provoquée par ls musique de l'aura psychique précédant l'accès. Trois de ses malades éprouvent avant la erise des impressions désagréables qu'ils attribuent. l'une à la connaissance de l'accès irminent, une autre à l'impression de mélancolie sans doute due à la musique sentimentale seule noeive, une troisième à la sensation d'être submersé dans l'eau et isolé comme si l'entourage avait dixparu. NIKONOv éprouvait, étant enfant, l'impression étrange et effrayante d’un souffle soudain, un autre malade de CRICHTLEY une impression de dé vu.
| CRICHTLEY tend à expliquer l'énilepsie musicogénique plutôt
par une intolérance spécifique de certains sujets pour la musique comparable aux phénomènes observés chez les chiens. L'a tion de musique, mal supportée habituellement per ceux-ci a pu produire chez eux des convulsions occasionnelles qui ont été observées par GRAINGER STEWART, ERLITEKY, BILLROTE.
Cette explication s'appliqueraît peut-être mieux à une troisième variété d'épilepsie scoustico-motrice dans laquelle n'in viennent ni la surprise ou ls peur, ni la qualité des sons musi-