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L’ostéalgie est beaucoup plus fréquente et plus importante. Elle est constituée par des douleurs qui se produisent spontanément dans les os et qui sont souvent confondues chez les enfants avec des douleurs de croissance. Elles se produisent principalement le soir et la nuit, surtout lorsque le sujet a été exposé à des fatigues physiques. Leur siège d'élection est l’extrémité inférieure du fémur ; on les trouve ensuite dans les tibias et les clavicules, et plus rarement dans les membres supérieurs.
L'arthralgie proprement dite est constituée par des douleurs sourdes survenant spontanément dans les jointures ; elles peuvent se montrer dans les grandes articulations comme dans les petites. Le mouvement et la fatigue les exagèrent, tandis que le repos les atténue.
On trouve de l’arthralgie chez 11 pour 100 des tuberculeux d’après Trébeneau, 16 pour 100 d’après Merson.
b) Une toxine plus active, agissant sur un terrain plus prédisposé donnera des arthrites rhumatismales tuberculeuses. Dans ces arthrites, qu'elles soient primitives ou secondaires, on constate des phénomènes douloureux très intenses qui constituent même le premier symptôme de l’affection. Ces douleurs siègent au niveau même de l’interligne articulaire, contrairement à ce qui se passe dans le rhumatisme articulaire aigu franc où ce sont les tissus périarticulaires qui sont douloureux. « Cette douleur, dit Egmann, est le point capital sur lequel la plupart des malades appellent la sollicitude du médecin. Elle s'établit lentement
PAL 'GEE avec un crescendo continu pendant quelques jours ; ou bien éclate intolérable d'emblée. Son intensité ne semble pas commandée par le degré de fluxion des Jointures, mais est plutôt variable avec l’excitabilité de chaque malade. Les tortures ainsi ressenties pré-. sentent assez communément une rémission diurne, et atteignent pendant la nuit leur paroxysme ; elles empêchent parfois tout repos. Elles sont réveillées par toute tentative de mouvement volontaire ou provoqué, par le poids des couvertures, par le moindre ébranlement. »
Les douleurs ne sont d’ailleurs pas le seul symptôme ; il y a tout un cortège de phénomènes fluxionnaires. L’articulation est déformée jusqu’à un certain point par la tuméfaction : la peau et les tissus périarticulaires sont le sièce d’un œdème inflammatoire ; l’épanchement articulaire est constant, mais est généralement modéré. Les gaines tendineuses avoisinantes sont également distendues par un épanchement.
On trouve ce rhumatisme articulaire aigu tuberculeux chez 6 pour 100 des bacillaires, d’après Trébeneau.
c) Le rhumatisme tuberculeuæ chronique ne présente pas la même intensité de douleurs que le précédent. Il est d’ailleurs plus rare, puisqu'on ne le voit guère qu'une fois sur cent tuberculeux, dans les milieux hospitaliers du moins.
La synovite chronique est le plus souvent indolore; son évolution est quelquefois précédée par un état rhumatoïde, plutôt que par des douleurs proprement dites.
La polyarthrite chronique déformante tuberculeuse présente des douleurs variables avec la période que l’on considère. Au début, elles peuvent revêtir deux types différents : tantôt elles affectent la forme de crises rappelant celles du rhumatisme aigu, tantôt elles sont sourdes et continues.
Plus tard, pendant l’évolution de la maladie, on trouve des crises douloureuses plus ou moins aiguës, survenant par intermittences.
L'arthrite anh:ylosante tuberculeuse est accompaornée dans son évolution par des douleurs qui ne disparaissent que lorsque l’ankylose est complète. Ce sont des douleurs spontanées, qui présentent des paroxysmes en relation avec les conditions atmosphériques, et s’irradient parfois suivant le trajet des nerfs; la pression les exagère.
B) RHUMATISME TUBERCULEUX ABARTICULAIRE
Les cardiopathies tuberculeuses peuvent s’accompagner de douleurs comme cela se voit dans la péricardite. Les méninges réagissent d’une façon plus ou moins intense suivant la virulence des toxines: on trouve toute une gamme de manifestations, depuis la méningite aiguë jusqu'à la céphalée gravative, qui est absolument continue, diurne et nocturne, empêche le sommeil, englobe toute la tête sans localisation précise, et peut persister pendant plusieurs années.
Signalons également les troubles subjectifs de la:
sensibilité cutanée. On peut trouver des dermalgies tellement intenses que les malades ne supportent
OS ee qu'avec peine le poids de leurs couvertures, ou encore des nodosités extrêmement douloureuses siègeant dans le tissu cellulaire sous-cutané.
Dans l’iritis inflammatoire d'origine tuberculeuse, il y à des douleurs oculaires et périorbitaires ; les premières varient depuis une simple sensation de tension jusqu'aux douleurs les plus vives: lessecondes sirradient dans le domaine du trijumeau et ont une grande intensité.
Les troubles nerveux périphériques peuvent être divisés en deux groupes :
a) Il y a d’abord une foule de phénomènes doulou-
‘reux que l’on groupe ordinairement sous le nom
d’algies; en dehors de la myalgie (fonctionnement douloureux des muscles), de l’ostéalgie et de l’arthralgie, que nous avons étudiées avec le rhumatisme articulaire, on trouve des douleurs spontanées survenant dans des zones diffuses et ne correspondant à aucune distribution nerveuse nette. Ce sont des douleurs qui se produisent dans les membres et qui peuvent présenter des aspects assez différents: quelquefois sourdes et contuses, elles peuvent prendre le caractère de fourmillements, de picotements, d’élancements douloureux ; d’autres fois, elles sont nettement fulgurantes ; quelquefois enfin ce sont des sensations de constriction, de froid ou de brûlure.
b) A côté de ces douleurs diffuses, on trouve chez les tuberculeux des douleurs qui sont nettement en rapport avec le trajet des nerfs : il s’agit des névralgtes et des névrites.
Nous avons réuni ces deux affections dans un même
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chapitre parce qu'elles donnent au point de vue des douleurs, qui nous occupe ici, des phénomènes analocues ; et parce qu'il est assez difficile de séparer les unes des autres. M. le professeur Carrière incriminait d’abord la névrite dans la grande majorité des cas; quelques années plus tard, l'expérience lui montra que l’on porte souvent le diagnostic de névrite péri- . phérique beaucoup trop à la légère, et « qu’il est difficile, chez les tuberculeux en particulier, de dire si réellement on setrouve en présence d’'unenévrite. »
On rencontre ces douleurs chez 60 0/0 des tuberculeux.
Elles ont des paroxysmes survenant le plus habituellement pendant la nuit. Leur siège varie évidemment avec le nerf atteint. Mais il est à remarquer qu’elles ne présentent pas toujours les signes caractéristiques des névralgies classiques : la douleur est assez souvent diffuse et mal limitée au lieu de siéger en des points bien nets. Elles sont très tenaces, et résistent à la thérapeutique ordinaire.
La plus fréquente est la névoralgie intercostale (26 0/0 des névralgies) qui s’observe principalement au niveau des troisième, quatrième et cinquième espaces, et surtout dans la première période de la tuberculose.
La névralgie sciatique (21 0/0) donne une douleur spontanée, d'intensité moyenne, quelquefois violente et empêchant le sommeil. Elle a surtout pour caractère d’être continue, ne présentant que rarement les paroxysmes entrecoupés de périodes de rémission que l’on observe dans les sciatiques ordinaires.