BL NE
Personnellement, il a eu une bonne santé jusqu'à 12 ans. L’intoxication bacillaire se manifesta alors sous forme de violentes douleurs de névralgie cervicofaciale, survenant sans cause apparente, et indépendantes des dents qui étaient saines; elles affectaient la forme de crises paroxystiques, et s'accompagnaient de phénomènes vaso-moteurs et sécrétoires du côté des yeux, du nez et de la bouche; elles siégeaient tantôt à droite, tantôt à gauche. Inefficacité de la quinine et de l'antipyrine. Il fut réformé du service militaire pour faiblesse de constitution.
En 1892 (24 ans), il eut pour la première fois une violente attaque de rhumatisme polyarticulaire avec endolorissement des masses musculaires avoisinantes ; échec du salicylate.
De 1892 à 1902, il fut soigné à diverses reprises pour laryngite bacillaire, tuberculose pulmonaire et dyspepsie. Pendant cette même période, il eut plusieurs attaques de rhumatisme polyarticulaire subaigu, une poussée d’arthrite aiguë des poignets, et des névralgies intercostales: le salicylate était toujours inefficace.
Décembre 1902: on constate aux poumons des signes d'induration avec début de ramollissement. Le malade n'a pas eu de blennorrhagie.
On note les signes classiques d’une arthrite aiguë des deux poignets, avec tuméfaction notable, teinte rosée de la peau, impotence fonctionnelle. Tous les tissus fibroséreux de la région sont plus ou moins pris, ainsi que quelques articulations.des doigts. Des deux côtés, synovite de la gaine des radiaux et de l’extenseur commun des doigts. La pression, les moindres mouvements sont très douloureux.
Le professeur Poncet diagnostique : rhumatisme tuberculeux aigu, portant sur diverses articulations et sur quelques gaines tendineuses ; ce diagnostic est étayé sur les signes cliniques et sur l'inefficacité des traitements spécifiques.
se 9 décembre : on ordonne 50 cgr. de cryogénine en deux cachets, à prendre chaque jour. Le lendemain, le malade se dit lui-même très soulagé.
11 décembre : on constate une amélioration notable. Le gonflement des articulations et des gaines tendineuses à presque complètement disparu. Il n'y a plus de douleurs.
OBSERVATION II (Clinique de M. le Professeur Poncet.)}
Tuberculose pulmonaire à la première période. Tumeur blanche du coude gauche. Ostéite tuberculeuse de l'humérus gauche.
Rhumatisme articulaire aigu tuberculeux du genou droit; ostéalgies : guérison par la eryogénine.
Clarisse B...,38 ans, salle Sainte-Anne, lit 24.
Rien à relever dans les antécédents héréditaires.
Personnellement, elle a présenté de la chlorose au moment de sa puberté; elle n'a jamais eu de rhumatismes, ni de douleurs rhumatoïdes. Elle à eu quatre grossesses normales, suivies de trois fausses couches.
A la suite d’un traumatisme assez violent, en 1901, son coude gauche gonfla progressivement; elle finit par entrer dans le service du professeur Poncet le 7 janvier 1908. L'examen des poumons révèle des deux côtés une inspiration rude et saccadée; l'expiration est prolongée ; la malade a d'ailleurs eu des hémoptysies.
Le coude présente tous les signes d'une tumeur blanche suppurée. À la suite de l'opération pratiquée le 13 janvier, la malade présenta des symptômes méningés pendant cinq à six jours: céphalée, constipation, photophobie, délire actif.
En deux autres opérations, pratiquées le 15 avril et le 5 décembre, on réséqua une grande partie de l'humérus qui était infiltré de lésions tuberculeuses.
D CR ne. US di
ER Nes
En janvier 1904, la malade se plaint de douleurs vives dans le genou droit, qui est le siège de poussées fluxionnaires à caractère rhumatismal. Elle ressent toujours des souffrances assez intenses dans le bras gauche.
La cryogénine, à la dose de un gramme par jour, soulage très nettement la malade : le gonfiement du genou disparaît ; les douleurs du genou et du bras sont calmées.
En inars, les phénomènes douloureux reparaissent, accompagnés de gonfiement du genou. La cryogénine, donnée à nouveau, se montre aussi efficace qu’au mois de janvier.
OBSERVATION III Due à l'obligeance de M. le professeur Bérard.)
Tuberculose pulmonaire à la troisième période. Rhumatisme articulaire aigu tuberculeux généralisé; plusieurs poussées guéries par la cryogénine.
Homme de 35 ans, atteint de tuberculose pulmonaire avancée avec excavation des deux côtés. Le traitement par la cure d'air au sanatorium d’Hauteville Jui avait néanmoins permis de reprendre des occupations actives.
Au début de 190%, il fut pris à la suite de poussées pulmonaires nouvelles de phénomènes articulaires presque généralisés, mais pourtant beaucoup plus marqués sur les grandes articulations des membres inférieurs, et sur les articulations du poignet et de la main droite (articulations surmenées par son métier de comptable qu'il avait repris depuis un ou deux ans).
Pour lutter contre l’hyperthermie des poussées viscérales, le malade prend de la cryogénine sur les conseils de M. le docteur Dumarest. Il constate de lui-même au bout de quelques jours que ce médicament avait diminué la raideur des jointures au point de lui permettre l’usage
des doigts de la main droite. Si bien que, de lui-même, pendant un séjour de quatre mois fait en Suisse, dès qu'il avait des accidents fébriles ou une poussée rhumatoïde nouvelle, le malade reprenait de la cryogénine qui, à la dose de 0 gr. 50 à 1 gr. par jour, lui donnait un abaïissement thermique, et diminuait les phénomènes articulaires. ; Le malade a succombé en septembre 1904, à la suite d'hémoptysies terminales.
OBSERVATION IV (Clinique de M. le professeur Poncet.)
Induration tuberculeuse du sommet droit. Séro-réaction positive. Rhumatisme polyarticulaire subaigu tuberculeux; arthralgies ; guérison par la cryogénine.
Agathe R..…., :5 ans, employée des postes.
Antécédents héréditaires : son père et l’un de ses frères sont rhumatisants.
Antécédents personnels : Jusqu’à l’âge de 20 ans, la malade n’a pas présenté de manifestations tuberculeuses. On note une fièvre typhoïde très bénigne à 7 ans; une période d'anémie avec conservation de lappétit, de 15 à 17 ans ; et une salpingite guérie sans intervention chirurgicale.
Depuis l’âge de vingt ans, elle a présenté à plusieurs reprises des phénomènes douloureux, sans gonflement articulaire, dans les hanches, les genoux, les épaules et les coudes.
Après un accouchement normal en septembre 1903, les phénomènes douloureux augmentent dans les poignets et les doigts, et nécessitent son entrée à l'Hôtel-Dieu ; on constate l’inefficacité du traitement salicylé et des pointes de feu, et le caractère particulier des douleurs qui aug-
She mentent par la chaleur, et diminuent sous l’action du froid.
Elle rentre le 14 janvier 1904 dans la salle Sainte-Anne : on constate du côté des poignets et des doigts les troubles suivants : les articulations, légèrement tuméfiées, sont douloureuses à la pression ; les mouvements y sont possibles et s’effectuent sans craquements. A la main gauche, les articulations de l'index et du petit doigt, à la
. main droite, celles du petit doigt sont particulièrement touchées.
Induration du sommet droit; la séro-réaction tuberculeuse est positive.
La cryogénine est donnée à la dose de 1 gr. 50 le premier jour, et de 0,59 cent. les jours suivants. On constate un soulagement très marqué : les douleurs ont complètement disparu ; le gonfiement des articulations a diminué.
La malade quitte l’hôpital le 7 février.
Le 27 juin, Agathe R... se plaint de phénomènes douloureux sans gonfiement articulaire, qui se sont installés dans les genoux depuis le mihieu d'avril. Il y a également des craquements et des douleurs dans les poignets et dans les doigts.
La cryogénine, donnée de nouveau, procure le même soulagement qu'au mois de janvier.