OBSERVATION V
(Clinique de M. le professeur Poncet.
Le résultat du traitement est dû à l’obligeance du docteur Belous.)
Tuberculose pulmonaire à évolution lente.
Rhumatisme articulaire tuberculeux chronique avec des poussées aiguës, subaigués : guérison par la cryogénine.
M..., Anaïs, 35 ans, garde-malades.
Antécédents héréditaires ; Sa mère et l’un de ses frères
= Ju sont morts de tuberculose pulmonaire. Aucune manifestation rhumatismale dans la famille. |
Personnellement, elle a eu pendant son enfance une santé assez délicate, mais sans aucun signe de scrofulotuberculose, Plus tard, elle a eu une chlorose prolongée ; les règles n'ont paru qu’à 17 ans.
Ily a treize ans, au moment où elle soignait son frère phtisique, elle eut une bronchite assez longue, et une hémoptysie abondante.
Elle se croyait guérie; et depuis sept ans elle exerce dans un hospice de vieillards la pénible profession de garde-malades.
Depuis trois ans elle s'est remise à tousser; elle a eu des hémoptysies à plusieurs reprises.
En mai 1902, la malade fut atteinte brusquement d’un rhumatisme articulaire aigu avec douleurs vives et gonflement des articulations frappées, contre lequel le salicylate de soude et l’antipyrine n’eurent aucune action.
Depuis lors, elle à continué à souffrir d'un grand nombre d'articulations ; et en dehors de quatre attaques très nettes de rhumatisme articulaire d’allure aiguë, subaiguë, elle a eu des poussées nombreuses ne lui laissant que des répits momentanés.
25 mai 1903. Anaïs M.…., présente aux deux sommets, surtout à gauche, des signes non douteux de tuberculose pulmonaire à évolution lente. Elle a des arthrites, des plaies des articulations interphalangiennes des doigts. Les deux genoux sont également gonflés ; les mouvements des articulations cervicales sont douloureux ; récemment, les articulations temporo-maxillaires étaient prises. Elle raconte qu'elle souffre souvent partout, dans les os, dans les muscles, etc.; que les douleurs sont particulièrement vives pendant la nuit, que la chaleur du lit les provoque ; enfin, qu'aucun traitement ne la soulage (salicylate, antipyrine).
Diagnostic : Rhumatisme articulaire tuberculeux, à
Patte“: VO marche chronique, avec de fréquentes poussées aiguës, subaiguës.
Traitement : Cette malade à absorbé de la cryogénine avant son séjour à l'hôpital, en continuant son métier de garde-malades avec un service chargé. Elle a pris pendant cette période vingt cachets de 0,25 centigrammes de cryogénine (un cachet le matin et deux le soir) : les douleurs ne furent pas influencées, mais les fluxions ont cédé de suite. Plus tard, sous l'action du repos et du médicament, douleurs et phénomènes fluxionnaires ont rétrocédé rapidement. Cette guérison a été durable, car la malade dit aujourd'hui qu'elle n’a pas interrompu son service une seule fois depuis son séjour à l'hôpital, et qu’elle se porte très bien malgré les fatigues que lui imposent les nombreuses vieilles qu’elle à à soigner. Elle a toujours très bien toléré la cryogénine.
OBSERVATION VI (Due à l’obligeance de M. le professeur Bérard.)
Lésions tuberculeuses multiples des os, à marche torpide. Poussées douloureuses et fluxionnaires des genoux; arthralgie du coude et du poignet droit — Amélioration par la cryogénine.
M. G..., 25 ans. Aucun antécédent bacillaire dans la famille.
A l’âge de 10 ans, elle fut atteinte d’arthrites tuberculeuses aux deux genoux. Pendant le cours de laffection qui fut traitée par l’immobilisation, les badigeonnages de teinture d’iode et les injections de chlorure de zinc (pour le genou gauche seulement), on constata sur le genou gauche la présence de deux exostoses que leurs caractères firent attribuer à une irritation par la tuberculose atténuée. Maintenant, les genoux sont tuméfiés, enraidis, mais indolores ; et la marche se fait sans difficultés. La malade a présenté également au niveau des articulations
ue tibio-tarsiennes des poussées tuberculeuses qui sont actuellement guéries. Il s’est produit une nouvelle exostose sur le semi-lunaire du côté droit..Elle ne présente aucune lésion pulmonaire.
Depuis deux ans, elle a de temps en temps lorsqu'elle est fatiguée ou que le temps est humide des poussées fluxionnaires dans les deux genoux, assez douloureuses pour empêcher le sommeil. Elle se plaint aussi d'avoir à -chadue instant des douleurs articulaires dans le coude droit et surtout dans le poignet droit qui travaille beaucoup chez elle car elle s'occupe de peinture.
Le salicylate de soude et l’antipyrine ont échoué.
Dans ces deux dernières années, elle a suivi le traitement général (huile de foie de morue; biphosphate de chaux ; liqueur de Fowler). A ‘chaque poussée inflammatoire, elle prend de la cryogénine : ce médicament semble faire rétrocéder beaucoup plus rapidement l’inflammation; et les douleurs cèdent au bout de un à deux jours.
La malade s’en est si bien trouvée que maintenant elle prend d’elle-même de la cryogénine chaque fois qu'elle a une poussée. Celles-ci sont d’ailleurs devenues plus rares depuis qu’elle fait usage de’ce médicament.
OBSERVATION VII (Due à l’obligeance de M. le professeur Bérard.)
‘Coxalgie gauche.
Arthrites chroniques des genoux; arthralgies de la hanche et du coude. Amélioration par la cryogénine.
X..., 12 ans, entré à la salle St-Augustin avec le diagnostic de coxalgie au début avec irradiations douloureuses dans le genou. C’est un enfant assez maigre, de cheveux roux, à antécédents héréditaires tuberculeux.
A l'entrée, il se présente la hanche gauche enraidie, le membre gauche inférieur porté en légère flexion, abduc-
mia 35 — tion et rotation en dehors. Les mouvements de flexion ét d'abduction sont limités dans cette articulation. Il y & de la douleur à la pression du triangle de SCarpa; on trouve quelques ganglions inguinaux et iliaques internes. Bref, on a les signes classiques d’une coxalgie au début. Il accuse en même temps des douleurs dans le genou gauche qui est un peu tuméfié. Laissé au repos pendant quelques jours avant l'application d'un appareil plâtré, il continue à souffrir du genou gauche dans lequel un examen répété chaque jour révèle la présence d’un épanchement qui va en s’accroissant rapidement. En même temps le genou droit devient douloureux; et malgré la continuation du repos et du traitement général (huile de foie de morue, biphosphate de chaux}, un épanchement apparaît également au niveau du genou droit. Pour cette raison, on retarde l'application de la culotte plâtrée du côté de la coxalgie gauche. Et on retire du genou gauche, par une première ponction, 80 grammes environ d’une sérosité blanche et filante. Dix jours après, une ponction extrait du genou droit la même quantité d’une sérosité un peu plus louche, et tenant en suspension quelques flocons fibrineux. Le séro-diagnostic du sang et le cyto-diagnostic des épanchements furent pratiqués par M. le professeur P. Courmont. Le sérodiagnostic tuberculeux fut positif de 1/5 à 1/15. L'examen cytologique fut très différent pour les deux liquides : tandis que l’'épanchement du genou gauche contenait 75 0/0 de polynucléaires et un nombre infime de mononucléaires à grands noyaux et de lymphocytes, celui du genou droit ne contenait plus que 45 0/0 de polynucléaires, le reste consistant en grandes cellules endothéliales, lymphocytes, grands mononucléaires. Les suites furent d’ailleurs aussi simples à droite qu'à gauche. La différence du cytodiagnostic était due à ce que le processus était beaucoup plus aigu à gauche qu’à droite.
Dès le début, les deux membres inférieurs avaient été
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immobilisés dans une-gouttière métallique, avec compression ouatée. Les douleurs persistant et des phénomènes douloureux ayant apparu dans la hanche droite et le coude gauche, on fit prendre pendant cinq jours au malade 0.50 centigr. de cryogénine chaque soir. Au bout de ce temps les douleurs furent suffisamment apaisées pour que le sommeil revint la nuit; et au bout de dix jours, le médicament fut suspendu, les phénomènes fluxionnaires ayant suffisamment rétrocédé.
Dans ce cas, il semble bien que la cryogénine ait eu une part dans la sédation des phénomènes filuxionnaires et douloureux, même en tenant compte des effets de l’immobilisation au lit et de la ponction.
Après application d’un appareil plâtré gardé pendant trois mois, l'enfant est très amélioré. Il n’y a plus d’épanchement ni de douleurs dans le genou qui conserve seulement un léger épaississement du bourrelet de la synoviale sous-tricipitale. C’est à propos de ce cas et de deux ou trois autres analogues quoique moins typiques, qu'il y a lieu d'interpréter, d’après M. le professeur Bérard, les douleurs du genou dans la coxalgie comme pouvant relever de légères poussées tuberculeuses transitoires sur l’articulation fémoro-tibiale.
OBSERVATION VIII (Clinique de M. le professeur Poncet.)
Cicatrices d’adénopathie cervicale suppurée. Tuberculose pulmopaire à la première période. Synovite à grains riziformes de l’extenseur du pouce. Résultat négatif de l'épreuve à la tuberculine.
Rhumatisme chronique tuberculeux des genoux ; amélioration par la cryogénine.
Gaspard D...,58 ans, tisseur.
On ne trouve dans sa famille ni rhumatisme, ni tuberculose.
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Personnellement, il prétend n'avoir jamais été malade. Il avoue cependant avoir été réformé du service militaire pour des adénopathies cervicales suppurées, qui ont d’ailleurs laissé des cicatrices. Sa femme n'a pas eu de fausses couches ; il a eu neuf enfants, dont sept sont morts en bas-âge d’affections inconnues. Une de ses filles est morte à 19 ans de tuberculose pulmonaire.
L'affection actuelle s’est installée progressivement; elle a débuté aux poignets il y a dix ans, et aux genoux il y à cinq ans.
Le malade entre le 14 mai 1903 dans le service du professeur Poncet, parce que les douleurs qu’il ressent dans les genoux rendent son travail de tisseur impossible.
Aux poumons, on constate de l'inspiration saccadée et de l'expiration prolongée aux deux sommets.
L'épreuve par la tuberculine à donné un résultat négatif.
Aux membres supérieurs, la synoviale de l’extenseur du pouce présente le volume d’un œuf de poule; elle est bosselée et renferme de nombreux grains riziformes, mais on n’y sent pas de fongosités. Dans les épaules, il y à du liquide, et on sent des craquements.
Aux membres inférieurs: les synoviales des cous-depied renferment du liquide. Les deux genoux présentent une énorme arthrite hydropique déformante; la flexion s'arrête à un angle de 35° environ; l'extension est complète. Il n’y a de douleurs ni au repos, ni dans les mouvements provoqués. Mais la marche est rendue difficile par l’état des genoux, qui deviennent d’ailleurs très douloureux quand D... a travaillé pendant quelque temps à son métier.
L'absence de troubles nerveux permet d'éliminer les lésions symétriques dues à une affection des centres nerveux, telle que le tabes. Il ne peut d’ailleurs s'agir de rhumatisme chronique ordinaire. L'évolution spéciale des accidents à conduit le professeur Poncet à porter le diagnostic de rhumatisme tuberculeux.
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On ordonne des frictions. Le malade prendra 75 Cgr. de choper par jour.
Quatre jours après, on constate une grande amélioration, les douleurs ont disparu dans les genoux, dont les mouvements ont retrouvé une liberté complète.
Le malade quitte l'hôpital le 3 juin, il n’a plus de douleurs dans les genoux, dont les mouvements sont très libres.
OBSERVATION IX (Clinique de M. le professeur Poncet.)
Adénites cervicales. Tumeur blanche du poignet droit. Céphalée, arthralgies, douleurs d’ostéo-arthrite: guérison par la cryogénine.
Mlle C..., 19 ans, télégraphiste.
Dans ses antécédents héréditaires, on ne trouve ni rhumatisme, ni tuberculose.
Antécédents personnels : de 3 à 9 ans, bronchites répétées, adénites cervicales. Réglée à 15 ans, elle a des bronchites et des céphalées tenaces.
A 16 ans, douleurs dans les doigts et le poignet droit.
À 17 ans, première attaque de polyarthrite aiguë avec douleur, gonfiement des articulations du poignet droit, de la main droite, des cous-de-pied, des genoux, des mâchoires. Le salicylate et l’antipyrine furent absolument inefficaces. Cet état se prolongea pendant six mois sous la forme de rhumatisme subaigu. En juillet 190?, amélioration générale; il se produisit encore de temps en temps des arthrites subaiguës. Le 10 novembre, la malade subit une opération pour sa tumeur blanche du poignet.
Elle va en convalescence à la campagne, d’où elle revient le 22 décembre: elle se plaint d’une lassitude générale, de céphalées, de douleurs dans les épaules et dans le poignet opéré. Sous l'influence de la cryogénine à la dose de 75 cgr.
par jour, la malade à été très soulagée. Son état s’est heureusement modifié dès le lendemain de l'emploi de cette substance.
OBSERVATION X (Clinique de M. le professeur Poncet.)
Coxalgie suppurée. Arthralgies; douleurs d'une ostéo-arthrite : calmées par la cryogénine.
Madeleine R.., 23 ans, salle Sainte-Anne, n°5.
Sa mère est morte de tuberculose pulmonaire à l’âge de 46 ans.
Personnellement, elle à eu une bonne santé jusqu’à l’âge de 18 ans. Elle a eu la rougeole et la scarlatine, et à 18 ans, une grippe assez sérieuse qui la laissa longtemps affaiblie. Elle n’a eu ni enfant ni fausse couche.
A vingt ans, sa santé s’altère : elle présente de la fièvre, de la diarrhée, et une toux assez intense. Quelque temps après, elle se mit à soufirir dans le genou et la hanche gauches. Ses douleurs augmentant, et la marche devenant pénible, la malade dut s’aliter : ellenes’est d’ailleurs plus relevée depuis. Elle souffrait dans la hanche, le genou et la cheville gauches ; mais il n’y avait aucun phénomène filuxionnaire du côté de ces articulations. . Elle entre à l’'Hôtel-Dieu le 25 juillet 1903 dans le service du professeur Poncet. On constate de la diminution du murmure vésiculaire au sommet du poumon droit; et
tous les signes d’une ostéo-arthrite tuberculeuse de la hanche.
Cette coxalgie évoiua vers la suppuration, et nécessita en janvier 1904 cinq ponctions, à des intervalles de temps assez rapprochés. Puis la malade fut immobilisée dans une gouttière de Bonnet.