INTRODUCTION
Actuellement tout le monde est à peu près d'accord
pour admettre que la thérapeutique de l’arthrite tuber-
culeuse doit être avant tout conservatrice. L'amputa-
üonne doit plus être réservée qu’à un très petit nombre
de cas et répondre à des indications tout à fait exceptionnelles. Mais la façon de comprendre cette méthode conservatrice est encore très différente.
Il fut un temps où l’on considérait la tuberculose
comme une affection maligne ressemblant au cancer, et
où l’on arrivait, comme conséquence de cette concep- Uion, à la notion qu'il fallait extirper complètement les tissus tuberculeux.
Ces idées se sont modifiées peu à peu avec le temps,
ét il estbien permis de dire que l’école lyonnaise a été
une des premières à admettre qu’on peut guérir la tuberculose à moins de frais, en modifiant sur place les tissus tuberculeux.
Mais, cette étape franchie, il reste encore bien des divergences. Faut-il ouvrir l’arüculation, enlever les
Ac EE produits tuberculeux et chercher à modifier ce que l’on est obligé de laisser de manière à amener leur transformation ?
Est-il possible, au contraire, d'arriver à ce résultat sans opération sanglante, en modifiant par divers moyens la vitalité des tissus frappés par la tuberculose ?
Telles sont les deux méthodes qui se partagent aujourd’hui la faveur des chirurgiens.
Plus d’un a cherché à les opposer l’une à l’autre ; la tendance qui nous inspirera est toute différente. Ces deux méthodes sont toutes deux rationnelles, mais elles répondent à des indications différentes. Elles se complètent en quelque sorte l’une l’autre.
Nous tenons à faire en débutant cette déclaration de principe, pour bien montrer que, si nous avons fait porter notre étude plus particulièrement sur un des moyens le plus souvent utilisés pour obtenir la guérison non sanglante de la tuberculose, nous n’entendons en aucune façon l’opposer en rivale aux méthodes sanglantes.
Nous sommes trop bien placé à Lyon pour ne pas voir que ces dernières, lorsqu'elles sont pratiquées suivant certaines règles, peuvent donner des résultats très beaux, non seulement au point de vue de la guérison de la tuberculose, mais encore au point de vue du fonctionnement ultérieur du membre.
Nous admettrons donc que, dans bien des circonstan-
ces, la résection sera le véritable traitement des arthrites