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C'est ainsi que Dupin, en 1888, dans un travail paru dans la Gazette des hôpitaux de Toulouse, conseille de faire à la fois des injections intra et périarticulaires, et constate ce fait, que nous trouverons souvent signalé par les auteurs, que la guérison est plus rapide chez les enfants.
C'est surtout à partir de 1889, avec les nombreux travaux allemands parus à cette époque, que l’on semble avoir distingué deux méthodes différentes de traitement : d’une part, évacuation d’une cavité articulaire contenant de la sérosité ou du pus, liquide qu’on remplace par un mélange iodoformé ; d'autre part, injections interstitielles parenchymateuses dans les cas oùiln'y a pas d'exsudat.
De plus, les auteurs discutent la valeur de l’excipient qui sert de véhicule à l’iodoforme.
Les uns, comme Bruns' et Wendelstadt?, donnent la préférence à l'huile iodoformée. Mais à ce moment, Bruns déclare qu'il faut encore attendre pour les résultats définitifs, De nouvelles recherches ont été faites dans sa clinique de Tubingen, recherches qui ont été recueillies et publiées plus tard par Brigel.
La même année paraît également un travail de Dallinger dans le Cenfralblatt für Chirurgie, 1889. Le liquide qu’il injecte est de l’éther 1odoformé ; mais, moins heureux que ses prédécesseurs, 1l eut à enregistrer divers accidents, entre autres, un cas inquiétant d’anesthésie profonde avec arrêt de la respiration.
1 Bruns, Berl. klin. Wochenschrifl 1889.
2 Wendelstadt, Centralblalt für Chirurgie, 1889.
Res
Krause et Treudelenbourg (Berl. klin. Wochenschrift, 1889) préfèrent la glycérine iodoformée, qui expose moins que l’éther aux accidents delintoxication, et les résultats des injections, d’après ces auteurs, seraient particulièrement bons pour les articulations du genou et de la main, et d'autant plus prompts que les cas traités seraient plus récents.
Cependant, dans ce concert de louanges, il faut bien citer quelques notes discordantes; ainsi, Kœnig insiste sur les dangers de l’iodoforme et préfère souvent l’opération sanglante, mais c’est surtout Riedel qui a fait, à propos de cette méthode, des critiques assez sérieuses que nous aurons à discuter plus tard.
Dans la période qui s'étend de 1890 à 1892, les injections iodoformées font le sujet d’un grand nombre de travaux, et 1l nous faut citer les thèses de Blaizot!, de Marty*, de Quintin*, sous l'inspiration de Mesnard, et, en Allemagne, les noms de Hanauer“, Weiden-
muller®, Pagenstacher, Areus7, Bolmi, Wolm?,
Gœbel!, Licht!!.
! Blaizot, thèse de Paris, 1890.
? Marty, thèse de Bordeaux, 1891.
3 Quintin, thèse de Bordeaux, 1891.
4 Hanauer, thèse.
5 Weidenmuller, Munich, 1891.
5 Pagenstacher.
7 Areus, Beitrage zur klinischen Chirurgie, 1892. 8 Bolmi, Korrespondenzblall für Schweizer Aerlze, 1892. 9 Wolm, Breslau, 1892.
1 Gœbel, Wiessbaden, 1892.
11 Licht, Copenhague, 1892.
AMC VU.
Malgré les reproches signalés plus haut, cette mé. thode, née en Allemagne avec Mikuliez, s’y est rapidement propagée et, en 1892,au Congrès des chirurgiens allemands, Bergmann apporte les résultats obtenus grâce à elle dans son service. Il montre que le nombre des résections, qui était en moyenne de 30 à 40 par an avant son introduction dans le domaine de la thérapeutique, est tombé progressivement, et il ne compte plus au moment de sa communication que 11 résections par an.
Koch, au même Congrès de 1892, discute également la valeur et les indications des injections iodoformées. Pour lui, 1l n'en est pas partisan dans les coxalgies suppurées.
En 1895, Wiclaud fait une publication importante dans le Deutsch. Zeitsch. für Chirurgie, et ditavoir employé cette méthode conservatrice avec beaucoup de succès dans sa clinique des enfants malades de Bâle, et compte 9 guérisons sur 12 cas d’arthrites.
C’est là un travail des plus intéressants pour nous, car ses statistiques portent sur des enfants, et nous aurons l’occasion d’y revenir plus longtemps.
Citons, en France, en 1897, la thèse de Péchin‘ sur les injections modificatrices intra-articulaires dans les cas d’arthrites tuberculeuses. Cet auteur s’est servi d’un mucilage de glycérine iodoformée, selon la méthode préconisée par M. Duplay, et les conclusions qu'il donne ont été reprises par Duplay lui-même, et présen-
! Péchin, thèse de Paris, 1897.
tées au Congrès international de médecine de Moscou,
Dulac!,élèvede Calot, dansune thèse de 1898, et Calot lui-même, au Congrès pour l’étude de la tuberculose, de 1898, font la critique des diverses substances employées auparavant, et préconisent les injections intraarticulaires de naphtol camphré et d’éther iodoformé combinées.
Calot laisse déjà entrevoir ses idées sur la mobilisation des tumeurs blanches.
Citons encore Redart*, Barling*, qui ont apporté la même année une nouvelle contribution à l'appui du traitement des tumeurs blanches par les injections iodoformées.
En même temps paraissent en Allemagne trois publications importantes : l’une de Brigel # qui résume les observations des malades traités dans la clinique de Bruns depuis 1894 ; les deux autres de Henlé”, de la clinique de Mikulicz. Ces trois publications très consciencieuses, avec observations et statistiques à l'appui, donnent les résultats définitifs obtenus par la méthode des injections iodoformées, sur de nombre respectable de 400 malades. Ceux-ci ont été suivis pendant plusieurs années après leur guérison, les auteurs s'étant
1! Dulac, thèse de Paris, 1898.
? Redart, Congrès pour l’élude de la tuberculose (29 juillet 1898).
$ Barling, Trealment London, 1898.
4 Brigel, Beitrage zur klinischen Chirurgie, t. XX, fase. 7.
5 Henlé, Beztrage zur klinischen Chirurgie, t. XX, fase. 2 et 3.
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