‹ Emploi des injections iodoformées dans le traitement des arthrites tuberculeusesChapitre 8 sur 33 · TECHNIQUE ET MANUEL OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE ET MANUEL OPÉRATOIRE

L'iodoforme employé au traitement des tumeurs blanches, pour être injecté dans les tissus, a besoin d’être mis en solution ou en suspension dans un liquide qui lui serve de véhicule.

On s’est servi pour les injections : soit d’une solution d’éther iodoformé à 10 pour 100, soit d’iodoforme en suspension dans l’huile ou dans la glycérine, celle-ci pouvant être pure, mélangée avec de l’eau, ou formant un mucilage.

Reignier a employé une suspension d’iodoforme dans le salol, qui bout à 42 degrés et est fluide à 34-35 degrés.

L'iodoforme employé en suspension dans l'huile s'y dissout en partie, et l’on s’est servile plus souvent d'huile d'olive 1odoformée à 5 ou 10 pour 100; quelques auteurs comme Bruns, Brigel, Wendelstadt, sont allés jusqu à 20 pour 100.

L'huile d'amandes douces, employée par Bohin, dissout 5 pour 100 d’iodoforme à froid.

La glycérine 1odoformée pures’emploie à 10 pour 100. L'iodoforme, finement pulvérisé, est misen suspension au moment de l'injection par l'agitation du flacon.

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. C’est à cette préparation simple que M. Nové-Josserand

a donné ses préférences.

Mikuliez et Henlé, pour mettre rapidement l’iodoforme en suspension, se servent d’un artifice ingénieux.

Ils ont soin de mettre au fond du flacon des perles en verre qui, lorsqu'on agite le flacon, déplacent l’iodoforme et le mettent très rapidement en suspension.

Krause emploie le mélange suivant :

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Schuller ajoute de 5o centigrammes à 1 gramme pour 100 de gaïacol dans l’iodoforme en suspension à 10 ou 20 pour 100 dans de l’eau et de la glycérine.

Enfin, Duplay se sert du mucilage suivant :

Eau distillée

Glcérimer esse aa 10 grammes.

Iodoforme .

Gomme arabique. . . gq.s.

Il va sans dire que ces différentes préparations doivent être rigoureusement stériles. Beaucoup d'auteurs les emploient telles que, sans paraître avoir às’en plaindre ; cependant on a de la tendance à se servir de liquide stérilisé. :

On admet bien que la glycérine est antiseptique, cependant Krause ajoute 1 pour 100 d’acide phénique à la glycérine étendue d’eau.

M. Nové-Josserand, dans son service, s’est servi pour

faire les injections, de glycérine iodoformée à

Ne TE 10 pour 100, préparée en flacons fermés, qui ont été stérilisés à l’étuve et ouverts seulement au moment de l'usage. La stérilisation a l'inconvénient de mettre en liberté une certaine quantité d’iode, mais la quantité dissoute en est toujours très faible, même lorsque la stérilisation est faile en flacons fermés ; par contre il y a toujours une certaine quantité d’iodoforme qui se dissout dans la glycérine,

Stubenranch donne un procédé simple, qui permet de stériliser la glycérine 1odoformée en faisant décomposer un minimum d'iodoforme. Cela consiste simplement à mettre le mélange dans des flacons à col très large, qu’on laisse ouverts tandis qu'on les stérilise dans un jet de vapeur. De cette façon les vapeurs diode mises en liberté s’échappent de suite,etilne s’en dissout qu'une très faible quantité.

Il faut maintenant faire un choix entre ces diverses préparations.

L'éther 1odoformé a évidemment l'avantage d’avoir une capacité de diffusion beaucoup plus grande que les autres liquides employés et de répartir également l'iodoforme. Lorsqu'on ouvre une cavité d’abcès dans laquelle on a injecté cette solution, on trouve en effet l’iodoforme répandu sur les parois et formant partout un revêtement uniforme.

Il estencore parfaitement stérile, mais la plupart l'ont abandonné pour plusieurs raisons :

D'abord à cause de la tension élevée à laquelle sont soumises les parois de l’abcès, tension qui détermine des douleurs souvent très vives, et qui est allée jusqu’à produire quelquefois de la gangrène de la peau, ou

EN NT qe bien ouverture des abcès dans une cavité voisine.

On court aussi le danger, avec lui, de produire du sommeil anesthésique, comme l'a observé une fois Dallinger. Il cite le cas d'une fillette de cinq ans chez laquelle ilavait injecté 30 centimètres cubes d’éther iodoformé pour un abcès coxalgique. L'enfant, remportée desuitechezses parents,manifesta une grande inquiétude ‘quelques minutes après l’injection, puis se mit à respirer difficilement, perdit peu à peu connaissance, et devint cyanosée en même temps que la respiration s’arrêtait. Le père présent, à ce moment, lui ouvrit de force la bouche et les mouvements respiratoires reprirent, mais l'enfant resta toute la journee inconsciente et étourdie.

On a accusé aussi l’éther iodoformé de faire courir plusque d’autres préparations des dangers d'intoxication. Cependant, d'après Dulac, ces dangers ne sont pas à craindre si l’on n'injecte pas une dose supérieure à 5 grammes.

Avec ces inconvénients réels, l’éther i1odoformé présente en somme des avantages plutôt théoriques et que la pratique ne semble pas lui confirmer. Dans ces conditions il vaut mieuxs’en tenir à l'huile ou à la glycérine 1odoformée.

On préfère généralement la glycérine à l'huile car c’est un produit plus stable, l'huile pouvant varier d’un moment à l’autre.

Mikuliez et Henlé pensent encore que l’huile empêche la réaction chimique qui rend liodoforme utile, ets’ils ont employé laglycérine, c’est qu'ils luisupposent encore une influence personnelle bactéricide et antiseptique.

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