Emploi du jequirity et de l'inoculation blennorrhagique dans l'ophthalmie granuleuse [electronic resource]
La queslion des granulations est toujours d'actualité dans notre pays, disait M. Deneffe à l'Académie de médecine de Belgique, il y a quelques mois à peine ; et il ajoutait que ce fléau des classes pauvres, loin de rétrocéder, continuait sa marche envahissante. .
Si ces paroles sont vraies pour la Belgique qu'on a appelée la terre classique des granulations, elles peuvent aussi s'appliquer à nos populations du nord de la France qui paient un large tribut à cette ophthalmie si tenace si ' rebelle dans certains cas à de longs et pénibles traitemenls.
L'an dernier, un remède nouveau nous est venu du Bresd où ,1 jouissait depuis longtemps d'une grande vogue dans e peuple. Chaudement patronné, dès son apparition par M. de Wecker, à qui nous devons son introduction en t rance et en Europe, il a été accueilli avec empressement
Carette
dans maintes cliniques où l'on possède [tous les éiénaenls voulus pour se livrer à une vaste expérimentation.
Aussi les résultats publiés depuis un an sont déjà assez nombreux ; malheureusement ils sont aussi bien contradictoires, et il semble que, plus les documents se multiplient, pj^iisil devient difficile de démêler la vérité.
'A en croire les partisans du jequirity, l'inoculation appartient désormais à l'histoire, elle est supplantée et n'a plus de raison d'être. Faisant allusion aux cas de blennophihalmies provoquées récemment pubhés, M. de Wecker exprime très nettement son opinion à ce sujet ; « Nous ne pouvons nous empêcher de comparer ces tentatives au dernier éclat de lumière que jette un flambeau, lorsqu'il est sur le point de s'éteindre à jamais. »
Cette précipitation est sans doute légitimée, comme l'a dit M. Warlomont, « par le désir de ne pas laisser sous le boisseau une lumière bienfaisante » , nous ne croyons pas qu'elle le soit dès maintenant par l'observation clinique.
Du reste, une condamnation non moins sévère du jequiritisme a été formulée à l'Académie de médecine de Belgique, au 31 mars dernier. D'après M.^Deneffe, le jequirity ne donne aucun résultat thérapeutique ; dans certains cas, son emploi peut être dangereux et aggraver l'ophthalmie granuleuse au point de ne pas laisser d'autre ressource que l'inoculation.
Nous avons eu la bonne fortune de voir expérimenter et l'inoculation blennorrhoïque (l)et le remède brésilien. Tous
1. Ce terme, employé par M. Terrier, a l'avantage de ne pas préjuger la nature du pus employé.
deux ont donné des résultats satisfaisants dans certains caè déterminés, maintes fois le jequirity a réussi là où les caustiques avaient été impuissants; dans nos trois derniers faits d'inoculation purulente provoquée, on n'a eu recours à l'inoculation animale qu'après avoir échoué avec l'inoculation végétale (1).
Aussi croyons-nous que, si cette dernière n'a pas exclu les caustiques de la thérapeutique du trachome, elle ne fera pas ('avantage oublier l'inoculation purulente. C'est du moins ce qui nous a paru ressortir de l'élude des faits que nous avons été à même d'observer dans une clinique où les granuleux ne manquent pas, et où nous avons vu employer suivant les cas tous les modes de traitement.
De graves complications sont survenues chez un des granuleux inoculés dont nous rapportons l'histoire ; elles prouvent que les indications doivent rester plus restreintes qu'on n'a récemment cherché à l'établir, mais elles ne peuvent nous décider à frapper d'ostracisme une méthode dont les succès s'affirment, depuis plus de 60 ans, dans les ophthalmies les plus désespérées.
C'est au dispensaire ophthalmologique de la faculté hbre de Lille que nous avons puisé les éléments de ce modeste travail ; c'est à notre maître, M. le Dujardin que nous devons d'avoir pu les mettre en œuvre. Qu'il nous soil permis de lui exprimer ici notre gratitude pour la bienveillance qu'il nous a témoignée.
1. M. de Wcckcr désigne ainsi le traitement par le jequiritv gu'il oppose a 1 inoculation animale ou inoculation purulente.
LE JEQUmiTY
Formes pharmaceutiques, modes d'emploi.
LE JEQUIRITY
La plante vulgairement connue au Brésil sous le nom de Jequirity ou liane à réglisse est une légumineuse papllionacée. Elle est mentionnée par Le Maoùt el Decaisne sous le nom d'Ahrus precatorius. Voici en quels termes ces auteurs en parlent dans le traité général de botanique.
« Abnis precatorius : Arbrisseau de l'Afrique et de l'Asie tropicales, transplanté en Amérique, à racine employée dans toute la zone torride au même usage que la réglisse. Graines rouges, luisantes, à bile noir, dont on fait des cbapelets et des colliers, j
Le fruit est une grande gousse d'un pouce et demi de longueur qui renferme les graines, seules utilisées en thérapeutique. Ces graines sont très-dures et difficiles à broyer, chacune d'elles pèse très sensiblement un décigramme ; cette approximation est assez exacte pour permettre de ne pas recourir aux pesées dans le dosage des préparations jequiritiques.
La hane à réglisse se trouve au milieu des forets vierges, aussi M. Moura-Brazil (de Rio-Janeiro) admet-il, contraire-
ment à l'opinion des botanistes cités ci-dessus, qu'elle est indigène en Amérique.
Quoi qu'il en soit de celle origine, peu importante au point de vue qui nous occupe, le jequirity est aujourd'hui parfailement acclimaté au Brésil. Ses graines y sont depuis longtemps utilisées dans l'ophlhalmie granuleuse.
FORMES PHARMACEUTIQUES. MODES d'eMPLOI;
Préparations aqueuses.
Les préparations de jequirity le plus en usage sont obtenues en traitant les graines pulvérisées par l'eau chaude ou l'eau froide.
Nous allons passer en revue les procédés des deux auteurs qui se disputent la priorité de l'emploi du jequirity. C'est spécialement d'après les indications de M. deWecker que se sont faites la plupart des recherches publiées sur la question. Aussi n'aura-l-on bien souvent à propos de ces différents essais, qu'à se reporter à ce que nous allons dire.
Dans la recette indiquée à M. de Wecker par son corresponda^it brésilien, il s'agit d'une combinaison de la macération et de l'infusion :
« Faire triturer trente-deux graines bien pulvérisées et macérer le produit dans 500 grammes d'eau froide pendant vingt-qualre heures; puis ajouter, le jour suivant, 500 grammes d'eau chaude, filtrer le liquide immédiatement après refroidissement.
« Le malade pourra aussitôt s'en servir pour se baigner les yeux trois fois dans la journée. Si l'irritation produite par les trois bains devient d'une grande intensité, cela sera suffisant. Dans le cas contraire, le malade devra recommencer la même opération le second jour^ et au besoin le troisième, en se servant toujours du même liquide.
M. de Wecker, dans sa première publication, fait remarquer qu'une infusion préparée par erreur avec 32 grammes de jequirity, au lieu de 3 gr., 20, s'est montrée sensiblement moins active. L'expérimentation ultérieure' a prouvé qu'il y avait eu méprise, que l'intensité de l'inflammation provoquée est en relation avec la force de l'infusion, que de plus les préparations faites à froid agissent mieux.
La formule suivante tient compte de ces deux constatations :
Faire une macération avec 10 grammes de semences décortiquées et bien pulvérisées, que l'on laisse séjourner pendant vingt-quatre heures dans 500 grammes d eau froide et que l'on filtre ensuite.
Enfin, au mois de juin 1883, M. de Wecker augmente encore la concentration de la solution de jequirity et recommande, pour les cas. de granulations très épaisses et anciennes avec fort pannus,une macération à 5 pour 100. Avec une, deux' ou au maximum trois lotions, pratiquées dans l'espace de vingt-quatre heures, on obtient rapidement une violente inflammation ; trois lotions produisent une tuméfaction énorme de toute la face et du cou.
Dans ces conditions, le gonflement et la dureté des paupières, les fausses membranes qui recouvrent la conjonctive ne permettent pas, pendant les quatre ou cinq premiers
jours, de surveiller exactement l'état de la cornée. Aussi est-il prudent de ne traiter qu'un œil à la fois.
La macération à 2 pour 100 peut aussi provoquer une vive réaction, mais il faut alors que le nombre des lotions soit sensiblement plus considérable.
M. de Wecker a donc successivement préconisé les trois préparations que voici :
1° Trente-deux graines de jequirily, triturées et bien pulvérisées, macèrent pendant 24 heures dans 500 grammes d'eau froide ; on ajoute, le jour suivant, 500 grammes d'eau chaude et on filtre immédiatement après refroidissement ;
Macéré-infusé à
2° Dix grammes de graines décortiquées et bien pulvérisées macèrent, pendant 24 heures, dans 500 grammes d'eau froide, on filtre ;
Macéré à
3° Formule précédente dans laquelle on remplace 10 grammes de graines par 25 grammes pour la même quantité d'eau.
Maœré à ^.
La dernière préparation n'a guère été expérimentée jusqu'ici ; mais, de l'aveu de M. de Wecker, il suffit d'augmenlcr le nombre des applications pour arriver à un résultat équivalent avec une solution à 2 pour 100.
Mode d'emploi : Bains, lotions.
D'après la relation de M, Moura-Brazil (de RioJaneiro), c'est encore sous forme de bains oculaires que se fait l'application du jequirily au Ceara. Toutefois le mode de préparation n'est pas identique : c'est une décoction dans certains cas, une macération dans d'autres.
Le malade doit se baigner les yeax trois fois par jour, en laissant pénétrer le liquide entre les paupières.
M. Moura-Brazil ne s'en est pas tenu à la méthode populaire. Désireux de donner à ses essais une forme scientifique, il a fait pratiquer l'analyse des graines de jeqiiii'ity par M. Mello o Oliveiro.
Les différents principes retirés de Vabrus precatorks ont été successivement expérimentés. Une huile essentielle a été employée de différentes manières sans aucun résultat. Un produit résineux, de couleur verdâtre, a déterminé le même effet que la macération; toutefois il développe une inflammation moins intense. Ce principe s'emploie à la dose de 20 centigr. pour 10 grammes d'eau distillée.
M. de Wecker se plaint avec raison du défaut d'indications précises relativement au mode de préparation de cet extractif : M. le D' Robinet a pu retirer du jequirily un extrait vert foncé, soluble dans l'eau, mais dont la solution n'a aucune action.
M. Moura-Brazil a, d'après sa publication, deux préparations de choix :
l° Le principe extractif, de couleur verdâtre, à la dose de 20 centigrammes pour 10 grammes d'eau ; S** Le macéré des semences (séparées de leur tégument,
de la radicule et de la granule) à la dose de 50 cenligrammes pour 10 grammes d'eau.
Mode d'emploi : Après avoir eu d'abord recours aux bains et aux lotions, l'auteur fait maintenant les applications au moyen d'un pinceau.
N. B. — Ces diverses solutions de jequirity(l), pour être actives, doivent être de préparation toute récente : au bout de 8 jours elles sont déjà fort troubles et ont perdu une grande partie de leurs propriétés.
Pommade au jequirity.
Un ophlhalmologiste espagnol a expérimenté une pommade à la vaseline ; les résultats ont été désastreux, mais il nous semble qu'il faut incriminer au moins autant le dosage que la forme pharmaceutique. Le 23 février 1883, M. Osio présentait à l'Académie médico-chirurgicale de Madrid, trois granuleux trailés par le jequirity. Il les avait soumis d'abord à des instillations avec l'infusion ; n'ayant rien obtenu de satisfaisant, il eut recours alors à une pommade composée de 1 gr. de jequirity pour 30 gr. de vaseline : l'un des trois malades a eu une panophthalmie ; un
1. En guise de macération de jequirity, un ptiarmacien de Paris a fourni à un client de M. de Weclier un certain nombre de graines entières nageant dans de l'eau distillée I Le malade se lotionnait consciencieusement les yeux avec ce produit, à coup sûr inolTensif, mais dont les effets thérapeutiques sont faciles à prévoir.
Faut-il s'étonner dès lors de ce que certains auteurs n'aient pu réussir à développer l'ophthalraie jequiritique?
autre, une perforation étendue de la cornée; et le troisième, une opacifîcalion très notable de celle membrane.
Il est possible que la pommade, fixant le jequirily sur la conjonctive, soit réellement plus active que les préparations aqueuses. En tout cas, les trois observations de M. Osio démontrent qu'il faut user dans l'emploi des corps gras comme excipients, d'une grande réserve tant pour le nombre des applications que pour la dose de jequirity.
Poudre de graines.
En Italie, le professeur Manfredi a employé la poudre de graines écorcées et moulues. Insufflant cette poudre sur la conjonctive, chez l'homme ou chez les animaux, l'auteur a provoqué une inflammation si violenle qu'il recommande la plus grande prudence dans l'emploi de ce mode d'application. Cette recommandation est, en effet, juslifiée, nous le verrons, par l'observation du malade traité par ce procédé.
yOPHTHALMIE JEQUIRITIQUE
L'effet du jequirily sur Toeil est plus ou moins intense, suivant les cas, mais absolument constant. Nous sommes surpris que certains expérimentateurs n'aient pu réussir à provoquer l'ophlhalmie jequiritiquo, même en employant la faible lotion de 32 graines pour un litre. 11 nous a paru, dans le cours de nos esssais cliniques, que l'ophlhalmie jequiritique se développait avec plus d'énergie lorsqu'on appliquait le remède sur des yeux très enflammés d'avance, présentant un haut degré de photophobie et un larmoiement très abondant. Sur ces yeux, la moindre lotion de jequirity produit un effet très considérable. Maintes fois nous avons vérifié l'exactitude de ce fait; il ne s'agit donc pas d'une simple coïncidence, mais d'une relation directe entre le degré de violence de l'ophthalmie provoquée et l'état inflammatoire des yeux soumis au traitement.
L'o['hlhalmie provoquée par le jequirity diffère essentiellement de l'ophthalmie purulente ordinaire par deux caractères que nous tenons à mettre en évidence tout d'abord : ni dans les expériences sur les animaux, ni dans les applications faites dans un but thérapeutique, jamais on n'observe de chemosis, jamais non plus nous n'avons eu de véritable suppuration. La sécrétion séro-muqueuse ne rap-
pelle en rien le flot de pus qui, dans l'ophtlialmie puruienle, s'écoule sur la joue ou s'accumule sous les paupières pour êlre violemment projeté, quand on cherche à les entr'ouvrir.
Ces deux caraclères négatifs, joints au [développement des pseudo-membranes, rapprochent l'ophlhalmie jequiritique de la conjonctivite diphthéritique, beaucoup plus que de l'ophlhalmie purulente.
Le correspondant brésilien de M. de Wecker divise l'évolution de l'ophthalmie jequiri tique en trois stades :
1° Période d'irritation qui débute quelques heures après la première application et dure trois jours. Elle est caractérisée par l'injection de la conjonctive oculaire et palpébrale, Toedème des paupières et une sécrétion assez abondante pour s'écouler goutte à goutte. Le malade a de la fièvre, de l'insotonie, de la céphalalgie, de la constipalion ;
2° Période de suppuration dont la durée est de cinq jours;
3° Période de réparation pendant laquelle la suppuration diminue graduellement jusqu'au quinzième jour; à ce moment le malade est guéri, toute trace d'inflammation et de suppuration a disparu.
Nous n'avons pas retrouvé dans nos observations ce mode d'évolution; du reste, les dénominations ne correspondent pas aux phénomènes caractéristiques de l'ophlbalmie jequiri tique.
Voici ce que l'on constate après une application au pinceau de la macération à 5 pour 100:
Le badigeonnage de la conjonctive n'est pas douloureux.
le patient n'éprouve que la légère irritation mécanique du pinceau. Les premiers symptômes n'apparaissent qu'au bout de quelques heures; il y a donc une véritable période d'incubation après laquelle se manifestent une rougeur plus ou moins vive de la conjonctive qui va s'accenluant et la sensation de corps étranger dans l'œil. Au bout de douze à vingt-quatre heures, l'ophthalmie a atteint tout son développement :
Les paupières sont tuméfiées, les cils agglutinés ; une sécrétion séro-muqueuse s'écoule de l'œil. Les granulations sont infiltrées par une pseudo-membrane blanchâtre que Von parvient assez facilement à arracher à la pince au niveau des tarses : au-dessous, la muqueuse est altérée, bourgeonnante, sanguinolente. Les pannus prennent un plus grand développement ; on observe quelquefois un peu de desquamation épithéliale de la cornée. La formation des fausses membranes se poursuit pendant plusieurs jours, et il faut des semaines pour que toute trace de rougeur ait disparu.
Pour accentuer l'intensité et la durée de l'ophthalmie, on possède plusieurs ressources : le nombre des applications^ la durée de la macération, une concentration plus forte sont des moyens largement suffisants à cet effet. Dans les ophlhalmies intenses, le trouble, la vascularisation de la cornée sont très prononcés, la tuméfaction des paupières devient énorme. L'état inflammatoire persiste alors une dizaine de jours.
Dans une publication qai date de 1867, lé docteur Castro e Silva (du Geara) avoue de vrais désastres qu'il a
essuyés dans sa pratique, par suite de l'excessive violence de la réaction provoquée par le jequirily.
Le docteur Moura-Brazil a vu aussi, après deux ou trois bains, l'inflammation se propager à toute la face, au cou et à la partie supérieure du thorax ; plus d'une fois il a observé la suppuration des glandes sous-maxillaires.
Les violentes inflammations déterminées par les solutions à 5 pour 100 frisent les accidents signalés parles ophthalmologistes brésiliens, comme conséquence de l'abus du jequirily. Nous n'en voulons pour preuve que ce fait rapporté par M. de Wecker : sur une jeune fille de 17 ans, atteinte de sclérose cornéenne, on a pratiqué, dans l'espace de vingt-quatre heures, trois lotions avec une macération à 5 pour 100. La face prit un aspect de phlegmon diffus le gonflement qui était énorme, s'étendit à tout le cou; pendant cinq jours, les paupières, d'une dureté ligneuse, ne purent pas être écartées (i). De cet état aux phénomènes graves de suppuration, il n'y a qu'un pas qu'on franchirait très facilement sans s'en douter.
Quelle que soit l'acuité du processus, toujours on retrouve les caractères essentiels que nous venons de tracer : absence de chemosis et de suppuration franche, développement de fausses membranes qui, à leur chute, mettent à nu une muqueuse nouvelle normalement constituée.
Comme Warlomont en lait la remarque, il semble que la conjonctive, infiltrée dans ses parties superficielles, a subi une sorte d'usure qui, dans les cas de guérison des granulations, entraînerait la disparition de ces productions néoplasiques.